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L'April a pour objectifs de promouvoir et défendre le logiciel libre et ses acteurs.
Mis à jour : il y a 58 min 58 sec

Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (9 avril 2019) - Wikipédia - Partager est bon

ven, 04/05/2019 - 10:26
Début: 9 Avril 2019 - 15:30Fin: 9 Avril 2019 - 17:00

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-->

La vingtième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 9 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Et l'émission sera rediffusée le soir même de 21 h à 22 h 30.

Notre sujet principal portera sur Wikipédia avec nos invités : Pierre-Yves Beaudouin et Nadine Le Lirzin, président et secrétaire de Wikimédia France. L'occasion d'approndir la connaissance de l'encyclopédie libre et également de la fondation Wikimédia, après notre première émission consacrée à ce sujet (podcast disponible). Nous aurons également la seconde chronique de Véronique Bonnet (« Partager est bon ») qui portera sur le thème « Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement des logiciels libres ».

Écouter le direct mardi 9 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

Liens utiles Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

L'usage des logiciels libres un des critères d'obtention du label « numérique inclusif »

mer, 04/03/2019 - 15:46

Le label « numérique inclusif » visant à « identifier, reconnaître et promouvoir les dispositifs œuvrant au développement de la diffusion de la culture et des outils numériques, et de leur appropriation par toute la population » vient d'être créé. Parmi les critères d'obtention du label figure l'usage des logiciels libres et le partage du contenu et de la documentation sous licence libre. L'April se réjouit de la création de ce label qui rappelle que le logiciel libre et les licences libres constituent une base essentielle pour une société numérique libre, innovante, ouverte et inclusive.

Le label a été créé par un arrêté du 26 mars 2019, publié au Journal officiel du 27 mars 2019. Le label est délivré par l'Agence du numérique.

L'article 1 dispose :

« Il est créé un label « Numérique inclusif » afin d'identifier, de reconnaître et de promouvoir les dispositifs œuvrant au développement de la diffusion de la culture et des outils numériques, et de leur appropriation par toute la population. Les entreprises, notamment relevant du secteur de l'économie sociale et solidaire ou disposant de l'agrément « Entreprises solidaires d'utilité sociale », les associations, les établissements publics et les collectivités territoriales peuvent demander et recevoir ce label. »

Le référentiel « Numérique inclusif » comporte deux niveaux.

Pour le niveau « 1 - Pass numérique », parmi les critères notons :

  • « utiliser principalement des logiciels libres et ouverts en vue de la réalisation de ses missions. Les outils développés seront partagés sur un dépôt public et devront être documentés ; »
  • « agréger et ouvrir des données sur les usages du dispositif (acteurs et services référencés, formations et accompagnements suivis…) avec l'une des licences spécifiées dans l'article article D323-2-1 du code des relations entre le public et l'administration ; »

Pour le niveau « 2 - Initiative pour un numérique inclusif », parmi les critères notons :

  • « utiliser des logiciels libres et ouverts en vue de la réalisation de ses missions. Les outils développés seront partagés sur un dépôt public et devront être documentés ; »
  • « partager le contenu intellectuel et la documentation selon une licence creative commons ou avec l'une des licences spécifiées dans l'article article D323-2-1 du code des relations entre le public et l'administration ; »

Les dispositifs « Initiative pour un numérique inclusif » devront donc utiliser que des logiciels libres. Quand aux dispositifs « Pass numérique » ils devront utiliser principalement des logiciels libres.

Notons que l'expression « selon une licence creative commons » peut inclure des licences interdisant la modification ou la réutilisation commerciale. Espérons que dans la pratique, le choix des structures se portera sur des licences Creative Commons qui autorisent ces types de réutilisation.

Apéro April le 18 avril 2019 à Montpellier

mer, 04/03/2019 - 10:01
Début: 18 Avril 2019 - 18:45Fin: 18 Avril 2019 - 19:30 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Quand et quoi

Le prochain apéro à Montpellier aura lieu jeudi 18 avril 2019 de 18h45 à 19h30 à l'adresse suivante : Do Tank, 2 rue du Pavillon, 34000 Montpellier.

Pour tous les détails rendez-vous sur le site de Montpel’libre.

Vous pouvez aussi vous inscrire sur le pad.

Les Aprilapéro Montpellier auront lieu le 3e jeudi de chaque mois.

Apéro April le 5 avril 2019 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April (Paris)

mer, 04/03/2019 - 09:56
Début: 5 Avril 2019 - 19:00Fin: 5 Avril 2019 - 22:00 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

L'apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Membre ou pas de l'April vous êtes les bienvenus. Contactez-nous pour organiser un Apéro April dans votre région.

Quand et quoi

Le prochain apéro francilien aura lieu le vendredi 5 avril 2019 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April au 44/46 rue de l'ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche du biocop, au niveau des autolib), le téléphone du local est le 01 78 76 92 80 en cas de besoin.

En ouverture de l'apéro nous ferons un court point sur les dossiers/actions en cours.

Pour tous les détails et vous inscrire rendez-vous sur le pad.

Émission « Libre à vous ! » diffusée mardi 2 avril 2019 sur radio Cause Commune - Les GULL - Pépites libres - Le Libre fait sa comm'

mar, 04/02/2019 - 15:30

Nous avons commencé par la chronique de Jean-Christophe Becquet (« Pépites libres »). Nous avons enchainé avec notre sujet principal qui portait sur les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres (GULL) avec Magali Garnero pour Parinux, Didier Clermonté pour Liness et Romain Volpi pour l'ALDIL. Nous avons poursuivi avec la chronique d'Isabella Vanni (« Le libre fait sa comm' »). Nous avons terminé par diverses annonces.

(Ré)-écouter en ligne    --> Écouter le direct mardi 2 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (le jour même ou le lendemain).

  • (X minutes Y secondes)
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  • --> Lire la transcription

    --> toc_collapse=0; Sommaire 
    1. Podcasts des différents sujets abordés
    2. Les ambitions de l'émission Libre à vous !
    3. Programme de l'émission du 2 avril 2019
    4. Personnes participantes
    5. Références pour la partie sur la chronique Jean-Christophe Becquet (« Pépites libres »)
    6. Références pour la partie sur les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres
    7. Références pour la partie chronique « Le libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni
    8. Référence pour la partie annonces
    9. Pauses musicales

    Les ambitions de l'émission Libre à vous !

    La radio « Cause commune » a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h.

    N'hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). L'émission dispose d'un flux RSS compatible podcast.

    Programme de l'émission du 2 avril 2019

    La dix-neuvième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 2 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h.

    Au programme :

    • chronique de Jean-Christophe Becquet (« Pépites libres »)
    • les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres avec Magali Garnero pour Parinux, Didier Clermonté pour LINESS et Romain Volpi pour l'ALDIL
    • chronique d'Isabella Vanni (« Le libre fait sa comm' »)
    • diverses annonces.
    Personnes participantes

    Les personnes qui ont participé à l'émission :

    • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
    • Étienne Gonnu, chargé de missions affaires publiques à l'April
    • Jean-Christophe Becquet, président de l'April
    • Magali Garnero, membre du conseil d'administration de Parinux
    • Didier Clermonté, bénévole à LINESS
    • Romain Volpi, bénévole à l'ALDIL
    • Isabella Vanni, coordinatrice vie association et responsable projets à l'April
    Références pour la partie sur la chronique Jean-Christophe Becquet (« Pépites libres ») Références pour la partie sur les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres Références pour la partie chronique « Le libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni Référence pour la partie annonces Pauses musicales

    Les références pour les pauses musicales :

    Décryptualité du 1er avril 2019 - La startup nation donne le meilleur d'elle-même.

    lun, 04/01/2019 - 23:52

    Écouter ou télécharger le décryptualité du 1er avril 2019 (13 minutes)

      Revue de 5 projets de startups présentées devant Cédric O, le nouveau secrétaire d'état au numérique.
      Générique – La prose du pépère – Les Barons Freaks – Licence Art Libre (LAL)

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    Revue de presse de l'April pour la semaine 13 de l'année 2019

    lun, 04/01/2019 - 17:33

    Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

    [L'ADN] Inégalités: Google et Facebook en profitent pour accroître leurs revenus

    ✍ Marine Protais, le vendredi 29 mars 2019.

    Nanjira Sambuli est membre de la World wide web foundation. Son rôle est de promouvoir l’accès au Web pour tous. Elle estime que des politiques publiques incohérentes et la privatisation du web expliquent le ralentissement du rythme des connexions à internet ces dernières années. Rencontre.

    Et aussi: [Le Monde.fr] En Afrique, des lignes de bus cartographiées par les usagers

    ✍ Claire Legros, le jeudi 28 mars 2019.

    A Accra (Ghana), Le Caire (Egypte) ou Nairobi (Kenya), des outils gratuits permettent aux citoyens de géolocaliser les lignes de transport qu’ils utilisent, et ainsi élaborer en commun les cartes qui font défaut.

    [ITespresso] «Numérique inclusif»: le gouvernement donne une prime au logiciel libre

    ✍ Clément Bohic, le jeudi 28 mars 2019.

    Utiliser «principalement des logiciels libres et ouverts» est l’un des critères qui conditionnent l’obtention du nouveau label «Numérique inclusif».

    Et aussi: [Journal du Net] Ces éditeurs open source qui entrent en résistance face à Amazon

    ✍ Xavier Biseul, le mercredi 27 mars 2019.

    Ces éditeurs open source qui entrent en résistance face à Amazon Confluent, Redis Labs et MongoDB ont modifié leur contrat de licence afin d’éviter que leur solution open source ne soit commercialisée par des fournisseurs tiers, comme AWS, sous la forme de services cloud managés.

    Et aussi: [Libération] Directive sur le droit d'auteur: une «victoire» pour qui?

    ✍ Amaelle Guiton, le mardi 26 mars 2019.

    Le texte adopté ce mardi par les eurodéputés avalise le filtrage algorithmique comme mode privilégié de gestion des contenus et signe une dépendance accrue aux grandes plateformes numériques.

    Et aussi: Voir aussi: [Le Temps] Au hackathon du FIFDH, des algorithmes pour faciliter l'aide humanitaire

    ✍ Charles Foucault-Dumas, le lundi 25 mars 2019.

    Leur projet, élaboré durant le hackathon du FIFDH, nous avait convaincus: Charles Foucault-Dumas et son équipe racontent la genèse de leur idée, germée entre deux poignées de bonbons

    Lettre d'information publique de l'April du 1er avril 2019

    lun, 04/01/2019 - 11:48

    Bonjour,

    Malgré une incroyable mobilisation citoyenne, des prises de position argumentées toujours plus nombreuses issues de milieux très divers, le Parlement européen a validé la généralisation de la censure automatisée. Le coup est dur mais l'April restera mobilisée pour la transposition future du texte en droit national et pour la probable révision à venir de la directive E-commerce dont les principes structurants ont été profondément mis à mal par la directive droit d'auteur.

    Toujours au niveau européen, lundi 8 avril aura lieu le vote en commission des affaires libertés civiles sur le projet de règlement européen de censure sécuritaire. Toutes les informations utiles sont sur le site de La Quadrature du Net mobilisation. Nous avons discuté de ce sujet avec Arthur Messaud et Martin Drago de La Quadrature du Net lors de notre émission Libre à vous ! du 12 mars 2019. Le podcast est à votre disposition.

    En France, le Conseil économique, social et environnemental, le CESE, a publié son avis « Pour une politique de souveraineté européenne » dans lequel il préconise l'usage de logiciels libres et le soutien à leur développement à l'échelle européenne.

    La 18e édition du Libre en Fête 2019, découvrir les logiciels libres à l’arrivée du printemps, se termine dans quelques jours. Plus de 240 d'événements ont été référencés.

    Le groupe Transcriptions vous offre douze nouvelles transcriptions.

    N'oubliez pas d'écouter les dernières éditions du Décryptualité.

    L'April tiendra un stand aux Journées du Logiciel Libre à Lyon les 6 et 7 avril 2019. Si vous avez des disponibilités pour nous aider à animer le stand, ne serait-ce que pour quelques heures, n'hésitez pas à vous inscrire sur la page wiki dédiée.

    Retrouvez-nous sur les ondes la radio Cause Commune, mardi 2 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h pour notre prochaine émission (rediffusion le soir même à 21 h). Le sujet principal portera sur les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres. Vous pouvez vous abonner au flux RSS de notre podcast.

    Vous pouvez également retrouver les podcasts des émissions de mars. Le 5 mars, le sujet principal portait sur Wikipédia, le 12 mars sur le projet de règlement terroriste / censure sécuritaire, le 19 mars sur les logiciels libres pour l'image et la vidéo et le 26 mars sur les civic tech et le logiciel libre. Il y a eu également plusieurs chroniques de Xavier Berne, Noémie Bergez, Jean-Christophe Becquet, Marie-Odile Morandi, Vincent Calame. Et nous avons bien sûr parlé de la proposition de directive droit d'auteur dans deux émissions.

    Nous avons également publié le rapport d'activité 2018 de l'association. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

    Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une trentaine d'articles.

    Librement,
    Frédéric Couchet
    délégué général de l'April.

    Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

    Le Parlement européen valide la généralisation de la censure automatisée

    Mardi 26 mars 2019, journée noire pour les libertés sur Internet et pour tous ceux et celles qui agissent au quotidien pour promouvoir un Internet libre et ouvert, neutre et acentré, donc contre l'emprise technologique des GAFAM. 348 parlementaires européens (contre 274) ont adopté la généralisation du filtrage automatisé des contenus mis en ligne. Le coup est dur mais l'April restera mobilisée pour la transposition future du texte en droit national et pour la probable révision à venir de la directive E-commerce, dont les principes structurants ont été profondément mis à mal par la directive droit d'auteur.

    L'April publie son rapport d'activité 2018

    L'April a publié son rapport d'activité 2018 (75 pages). Vous pouvez consulter une synthèse, le rapport au format PDF et le consulter en ligne.

    Un grand merci aux membres de l'April, à l'équipe salariée, à nos soutiens qui nous permettent d'avoir une association vivante et active pour la promotion et la défense du Logiciel Libre.

    toc_collapse=0; Sommaire 
    1. Le Parlement européen valide la généralisation de la censure automatisée
    2. L'April publie son rapport d'activité 2018
    3. Dossiers, campagnes et projets
      1. Appel à mobilisation contre le projet de règlement européen de censure sécuritaire - vote le 8 avril
      2. Mobilisation contre la proposition de directive droit d'auteur
      3. Derniers jours pour le Libre en Fête
      4. Le CESE préconise l'usage des logiciels libres pour une politique de souveraineté européenne
      5. Émissions Libre à vous ! diffusées sur radio Cause Commune
      6. Douze nouvelles transcriptions
      7. Décryptualité
      8. Revue de presse
    4. Conférences, événements
      1. Événements à venir
      2. Événements passés
    5. Vie associative
      1. Revue hebdomadaire
      2. Adhésions
    6. Soutenir l'association
    7. Rejoindre l'association à titre individuel
    8. Rejoindre l'association en tant que personne morale
    9. Archives
    Dossiers, campagnes et projets Appel à mobilisation contre le projet de règlement européen de censure sécuritaire - vote le 8 avril

    L'April s'était jointe fin 2018 à 43 associations pour signer une lettre ouverte rédigée à l'initiative de La Quadrature du Net, afin d'interpeller le président de la République et lui demander de renoncer à son projet de règlement européen de censure sécuritaire dont il est le principal promoteur. Malheureusement, comme redouté, le Parlement européen avait, au prétexte de la lutte contre le terrorisme, adopté un rapport proposant de déléguer la censure du Web européen à Facebook et Google.

    La Quadrature du Net appelle à la mobilisation, le vote en commission des affaires « libertés civiles » du Parlement européen a lieu le 8 avril.

    Nous avons discuté de ce sujet lors de notre émission Libre à vous ! du 12 mars 2019. Nos invités étaient Arthur Messaud et Martin Drago de La Quadrature du Net. Vous pouvez écouter le podcast.

    Mobilisation contre la proposition de directive droit d'auteur

    L'April a été particulièrement active dans la mobilisation contre la proposition de directive droit d'auteur, avec notamment des échanges des parlementaires européens, une journée d'action contre la censure automatisée le 21 mars 2019 : Le site de l'April ainsi que le site de notre Chapril étaient passés au noir. Un appel au rejet de l'article 13 et un point sur le dossier lors de l'émission Libre à vous ! du 19 mars.

    Derniers jours pour le Libre en Fête

    Initié et coordonné par l’April, Libre en Fête arrive cette année à sa 18ème édition. Pour accompagner l’arrivée du printemps, de nombreux événements de découverte des logiciels libres et du Libre en général sont proposés partout en France autour du 20 mars, dans une dynamique conviviale et festive. À ce jour, plus de 240 d'événements sont déjà référencés.

    Le CESE préconise l'usage des logiciels libres pour une politique de souveraineté européenne

    Le 13 mars 2019, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) publiait son avis « pour une politique de souveraineté européenne », présenté par son rapporteur Benoît Thieulin. Prenant acte des enjeux profondément politiques liés à la position dominante des silos technologiques essentiellement américains et chinois, notamment dans des considérations écologiques, le Conseil préconise l'usage de logiciels libres et le soutien à leur développement à l'échelle européenne.

    Émissions Libre à vous ! diffusées sur radio Cause Commune

    Quatre nouvelles éditions de notre émission Libre à vous ! ont été diffusées en direct sur la radio Cause Commune.

    Émission du 5 mars 2019

    Nous avons commencé par une chronique de Xavier Berne, journaliste à Next INpact. Nous avons enchainé avec notre sujet principal qui portait sur Wikipédia avec Pierre-Yves Beaudouin et Nadine Le Lirzin, président et secrétaire de Wikimédia France. Nous avons poursuivi avec la première chronique de Noémie Bergez, avocate au cabinet Dune. Nous avons terminé par diverses annonces.

    Les podcasts sont disponibles ainsi que la transcription.

    Émission du 12 mars 2019

    Nous avons commencé par la troisième chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet, président de l'April. Nous avons enchainé avec notre sujet principal qui portait sur le projet de règlement terroriste / censure sécuritaire avec nos invités : Arthur Messaud et Martin Drago de La Quadrature du Net. Nous avons poursuivi par une interview de présentation de l'initiative Fund the Code! avec Louis-David Benyayer. Nous avons terminé par diverses annonces.

    Les podcasts sont disponibles, ainsi que la transcription.

    Émission du 19 mars 2019

    Nous avons commencé par la troisième chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi. Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur les logiciels libres pour l'image et la vidéo avec Lionel Allorge, Jehan Pagès. Nous avons poursuivi par un point sur la proposition de directive droit d'auteur avec Anne-Catherine Lorrain conseillère politique à la commission parlementaire affaires Juridiques (JURI) au Parlement européen pour le groupe des Verts européens. Nous avons terminé par diverses annonces.

    Les podcasts sont disponibles, ainsi que la transcription.

    Émission du 26 mars 2019

    Nous avons commencé par un point sur la proposition de directive droit d'auteur. Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur les civic tech et le logiciel libre avec Caroline Corbal de Code for France et Emmanuel Raviart, développeur logiciel libre. Nous avons poursuivi par la chronique de Vincent Calame (« Jouons collectif »). Nous avons terminé par diverses annonces.

    Les podcasts sont disponibles.

    Douze nouvelles transcriptions

    Le groupe Transcriptions de l'April vous offre de la lecture avec douze nouvelles transcriptions :

    Décryptualité

    Depuis le 20 février 2017, date du premier Décryptualité, un petit groupe de membres de l’April se réunit chaque semaine : « On a eu envie de faire quelque chose d’un petit peu différent de la revue de presse de l’April, qui soit un petit peu plus large ». Dans un format d’une quinzaine de minutes, les sujets concernant l’actualité informatique sont commentés de façon simple et accessible au plus grand nombre.

    Revue de presse

    La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

    Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers des articles qui vous semblent intéressants.

    La revue de presse est désormais également diffusée chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

    Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

    Les derniers titres de la revue de presse :

    Un Petit guide de la revue de presse est disponible pour celles et ceux qui souhaiteraient contribuer.

    Voir la page revue de presse sur le site pour le détail des articles.

    Conférences, événements Événements à venir Événements passés Vie associative Revue hebdomadaire

    Chaque vendredi, à midi pile, les permanents et les adhérents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite des idées et des contributions, permet de suivre les activités des uns et des autres et éliminer un certain nombre de problèmes bloquants.

    Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

    Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 15 mars 2019, la synthèse de la revue du 22 mars 2019, la synthèse de la revue du 29 mars 2019.

    Adhésions

    Au 1er avril 2019, l'association compte 4 099 membres (3 723 personnes physiques, 376 personnes morales).

    Soutenir l'association

    L'April a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l'association et participer ainsi au financement de nos actions.

    Pour faire un don à l'association, rendez-vous à l'adresse suivante https://www.april.org/association/dons.html (il est possible de faire un don par chèque, virement, carte bancaire ou encore prélèvement automatique).

    Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

    Rejoindre l'association à titre individuel

    Dans une association, l'adhésion est un acte volontaire. C'est aussi un acte politique car c'est manifester son soutien à l'objet de l'association ainsi qu'aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de l'association.

    Adhérer à l'April permet :

    • de défendre collectivement un projet de société ;
    • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
    • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
    • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
    • de soutenir financièrement les actions de l'association.

    Il est possible d'aider l'association en lui donnant de son temps ou de son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

    Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

    Pour adhérer à l'April, vous pouvez remplir le formulaire en ligne.

    Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter.

    Rejoindre l'association en tant que personne morale

    Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association, adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous concernent !

    Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et pour défendre ses intérêts, elle doit :

    • exercer une veille permanente pour se tenir informée des opportunités et des menaces ;
    • constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
    • être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
    • contribuer à la défense de l'informatique libre face aux acteurs qui lui sont hostiles ;
    • mieux faire connaître et valoriser son action.

    April est au cœur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à April permet :

    • de défendre collectivement un projet de société ;
    • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
    • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
    • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
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    Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 19 mars 2019

    sam, 03/30/2019 - 14:11


    Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 19 mars 2019 sur radio Cause Commune
    Intervenants : Marie-Odile Morandi - Jehan Pagès - Lionel Allorge - Anne-Catherine Lorrain - Étienne Gonnu - Frédéric Couchet
    Lieu : Radio Cause Commune
    Date : 19 mars 2019
    Durée : 1 h 30 min
    Écouter ou télécharger le podcast
    Page des références utiles concernant cette émission
    Licence de la transcription : Verbatim
    Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco.
    NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
    Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

    Transcription

    Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

    Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web préféré, allez sur causecommune.fm, vous cliquez sur « chat » et vous rejoignez le salon de la radio.
    Nous sommes mardi 19 mars 2019, mais vous écoutez peut-être un podcast ou une rediffusion.

    Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, son délégué général. Avec moi également mon collègue Étienne Gonnu et Patrick Creusot en régie. Bonjour Étienne et bonjour Patrick. Je vous présenterai ultérieurement les invités pour cette émission.

    Le site web de l’April c’est april.org. Vous y trouvez déjà une page avec des références concernant cette émission, qui sera mise à jour après l’émission évidemment en fonction de nos discussions et des liens que l’on citera. Je vous souhaite une excellente écoute.

    On va passer au programme de cette émission. Nous allons commencer dans quelques secondes par la chronique de Marie-Odile Morandi, « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Normalement Marie-Odile est avec nous par téléphone. Bonjour Marie-Odile.

    Marie-Odile Morandi : Bonjour.

    Frédéric Couchet : On se retrouve dans quelques secondes.
    D’ici une quinzaine de minutes, notre sujet principal portera sur les logiciels libres pour l’image et la vidéo. Avec moi en studio il y a Jehan Pagès. Bonjour Jehan.

    Jehan Pagès : Bonjour.

    Frédéric Couchet : Et Lionel Allorge. Bonjour Lionel.

    Lionel Allorge : Bonjour.

    Frédéric Couchet : Et ensuite, après ce sujet, nous passerons à un point sur la directive droit d’auteur à quelques jours du vote en séance plénière au Parlement européen avec notamment Anne-Catherine Lorrain qui travaille auprès du groupe des Verts européens au Parlement européen.
    Tout de suite place au premier sujet. Nous allons commencer par l’intervention de Marie-Odile Morandi qui s’occupe du groupe Transcriptions pour l’April. La chronique de Marie-Odile est intitulée « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Marie-Odile va nous présenter des coups de cœur. Quels sont tes coups de cœur aujourd’hui Marie-Odile ?

    Marie-Odile Morandi : Pas tout à fait des coups de cœur aujourd’hui. Nous sommes bombardés de tous côtés de mauvaises nouvelles, d’attaques à nos libertés, nous avons souvent l’impression d’un monde sans issue. Aujourd’hui je souhaitais faire un petit clin d’œil à nos auditeurs et à nos auditrices et leur parler de personnes et de projets qui nous élèvent et qui, n’ayons pas peur des grands mots, élèvent l’humanité tout entière, car ces personnes font de la politique au sens noble du terme.

    Je souhaitais donc vous parler, avec le soutien de transcriptions, d’un Italien et d’une Italienne qui font carrière en France et quelle carrière !

    Frédéric Couchet : De qui souhaites-tu nous parler, Italien et Italienne ?

    Marie-Odile Morandi : La première personne dont il s’agit c’est Roberto Di Cosmo. Celles et ceux qui s’intéressent à l’informatique savent qu’il est impliqué depuis très longtemps, voire depuis toujours, dans la défense des logiciels libres. Diverses transcriptions de ses interventions ont été publiées.
    Je voulais rapprocher trois transcriptions récentes qui concernent la présentation de son projet Software Heritage. Par ordre chronologique :

    • en avril 2018 Roberto est intervenu à la conférence Devoxx, c’est une conférence annuelle des communautés de développeurs, à Paris, et son intervention était intitulée « Software Heritage : pourquoi et comment préserver le patrimoine logiciel de l’Humanité » ;
    • en septembre 2018, Roberto a participé à une émission Autour de la question de RFI, Radio France Internationale, intitulée « Pourquoi une bibliothèque universelle des logiciels ? » et j’ai vu que cette émission avait été rediffusée en février 2019 ;
    • et récemment, lors de l’émission Libre à vous ! du mardi 12 février 2019, nous avons eu la chance et le grand honneur d’écouter Roberto et vous de bavarder avec lui, mais j’imagine que vous vous connaissiez déjà.

    Frédéric Couchet : Comme tu le dis, nous avons reçu Roberto le 12 février et avec Roberto on se connaît depuis une vingtaine d’années maintenant. Le podcast de l’émission est disponible sur le site de l’April et évidemment, comme tu viens de la citer, la transcription est également disponible sur le site de l’April. Peux-tu nous rappeler l’objectif de Software Heritage ?

    Marie-Odile Morandi : Je cite, l’objectif du projet c'est « de collecter, organiser, préserver et rendre accessible à tous et à toutes le code source de tous les logiciels disponibles. » Il s’agit donc de l’archivage de tous les codes sources de tous les logiciels disponibles dans le monde ; c’est la création d’une bibliothèque universelle des logiciels, c’est donc un projet d’envergure mondiale.
    En lisant les transcriptions vous pourrez connaître la genèse de ce projet. Vous trouverez les liens vers ces transcriptions sur le site de l’April, à la page des références de l’émission d’aujourd’hui.

    Frédéric Couchet : Est-ce que tu considères que l’idée de Roberto est une idée géniale, novatrice, que personne d’autre n’avait eue avant ?

    Marie-Odile Morandi : Oui. C’est ce qu’il explique dans ses interventions et dans les transcriptions. Certes Roberto a eu une idée géniale, mais il nous explique que son équipe, les personnes avec qui il travaille sont tout aussi géniales que lui et que, de plus, il a eu la chance de rencontrer des responsables qui ont compris l’importance de ce travail, lui ont fait confiance et l’ont suivi parce que c’était maintenant ou jamais. En effet dit-il : « On a une opportunité unique de pouvoir encore parler à la plupart des gens qui ont écrit les premiers logiciels, qui savent comment les logiciels qui ont fabriqué Internet, qui ont fabriqué le Web, ont été développés et pourquoi ils ont été faits de telle sorte ; ces personnes sont encore vivantes. » On ne peut s’empêcher de penser à Louis Pouzin, qui approche des 90 ans et qui a été beaucoup sollicité ces derniers jours au sujet de l’anniversaire des 30 ans du Web. Peut-être se connaissent-ils et se sont-ils rencontrés !

    Frédéric Couchet : Comme tu le dis, on a fêté récemment les 30 ans du Web ; occasion aussi de saluer Tim Berners-Lee et également Robert Cailliau qui est un petit peu considéré comme le co-inventeur du Web il y a 30 ans. Donc Software Heritage est un projet technique, mais pas que ! C’est ça ?

    Marie-Odile Morandi : On ne peut pas douter que Roberto et son équipe trouveront les solutions techniques adaptées pour réaliser ce travail titanesque. D’ailleurs il nous explique qu’une infrastructure a été mise en place, qu’un énorme aspirateur se connecte aux différents endroits de la planète dans lesquels on développe des logiciels. Il nous indique que plus de 4 milliards et demi de fichiers sources tous différents ont déjà été récupérés à partir de 80 millions d’origines. Toutes ces données seront dupliquées et conservées à divers endroits de la planète pour éviter la triste fin de la bibliothèque d’Alexandrie. C’est effectivement une énorme structure technique mais pas que !
    Bien entendu pour réaliser un tel projet, la partie économique est très importante : une fondation est en train de se constituer, il faut chercher des soutiens, des sponsors et je laisse les lecteurs découvrir quels sont les sponsors de ce projet, même si la présence de certains en interpelle quelques-uns, mais les explications de Roberto sont convaincantes, le monde change !
    Ce que j’ai trouvé intéressant au moment des transcriptions ce sont les questions juridiques soulevées par Roberto fervent défenseur de l’open science. Il ne manque pas de tacler le modèle encore trop souvent en vigueur qui repose sur la vente de licences et sur les notions de propriété intellectuelle, ce qui nous ramène aux combats récents directive droit d’auteur, article 13, etc.

    Frédéric Couchet : On va reparler tout à l’heure de l’article 13, mais peux-tu nous rappeler les prises de proposition de Roberto Di Cosmo sur la proposition de directive droit d’auteur et son article 13 notamment ?

    Marie-Odile Morandi : Je ne peux pas les rappeler dans les mots qu’il a employés, je sais qu’il est signataire ou cosignataire d’une lettre tout à fait contre cet article 13.

    Frédéric Couchet : D’accord. Pourquoi peut-on penser que la politique au sens noble intervient aussi dans ce projet ?

    Marie-Odile Morandi : Roberto indique que la reconnaissance de l’importance du code source des logiciels est indispensable et que ce travail est fait au jour le jour avec l’Unesco pour que le code source soit reconnu au niveau international et acquiert toute sa noblesse. Cependant, dans une des interventions transcrites, une question est posée par un responsable du projet SOHA au sujet du rôle à venir de l’Unesco. SOHA est projet de développement de la science ouverte en Haïti et en Afrique francophone. Cette personne souhaite que ce patrimoine de codes sources soit mis à disposition non seulement des étudiants, des chercheurs et de quiconque habitant le Nord de la planète mais aussi à disposition des Africains et des habitants du Sud de la planète. C’est donc un développement auquel il faudra tout à fait penser.

    Frédéric Couchet : Pour rebondir sur ton introduction, tu souhaites que ces transcriptions soient lues par le maximum de personnes afin de redonner de l’espoir à chacun d’entre nous ?

    Marie-Odile Morandi : Tout à fait. J’ai trouvé, en écoutant les interventions de Roberto et en transcrivant, que ce projet était vraiment en phase d’accélération. La conservation pour les générations futures de ce précieux patrimoine de l’humanité que sont les codes sources est entre les meilleures mains possibles qui en prennent le plus grand soin.
    Je vous engage à réécouter Roberto Di Cosmo, homme passionné s’il en est, à relire les transcriptions. Il nous montre qu’avoir des utopies et les mettre en œuvre, avec un peu de courage et un peu de chance, c’est possible. Merci Roberto !

    Frédéric Couchet : On retrouve ces références sur le site de l’April, april.org, dans la page consacrée à l’émission. Pour terminer de qui souhaites-tu nous parler maintenant ? Quelle est cette Italienne qui fait donc une carrière chez nous ?

    Marie-Odile Morandi : Comme deuxième clin d’œil pour les auditeurs et les auditrices, et pour terminer la chronique, je souhaitais parler de notre amie Isabella, Italienne elle aussi, coordinatrice vie associative, responsable projets pour l’April depuis 2014 et qui est intervenue de nombreuses fois dans les émissions « Libre à vous ! »
    On peut écouter et lire les transcriptions des entretiens qu’elle a eus au fil des mois, que ce soit avec les organisateurs des Rencontres mondiales du logiciel libre, de la Fête des Possibles, du Festival des libertés numériques ou du Libre en Fête. Personne ne lui échappe !

    Ce que je voulais souligner c’est que le 29 mai 2018 elle était intervenue pour présenter le groupe de travail Sensibilisation de l’April dont « le but est de réaliser, de proposer des outils de communication pour sensibiliser le public au logiciel libre », nous dit-elle.
    Elle a parlé à nouveau de ce groupe le 26 février dernier pour présenter les projets qui sont en cours développement grâce aux excellentes idées qui ont émergé de ce groupe : le jeu de Gnou basé sur le jeu de l’oie et le catalogue de fiches destiné à expliquer quelles sont les principales actions menées par l’April. Elle indique que tous ces projets permettront de faciliter le travail des bénévoles, des animateurs, des animatrices des stands.

    Donc si vous voulez participer au groupe Sensibilisation vous trouverez toutes les explications sur la page de références en allant consulter, par exemple, la transcription de l’émission du 26 février.
    Et si cette année, chers auditeurs et auditrices, pour diverses raisons, vous n’avez pas pu organiser ou participer aux événements coordonnés par Isabella pour l’April, je vous encourage à relire les transcriptions de ses interventions et qui sait, pour l’année prochaine, l’enthousiasme de Isabella puisse-t-il être contagieux et vous encourager à agir pour la « priorité au logiciel libre » !

    Frédéric Couchet : Merci Marie-Odile pour ce clin d’œil et cette mise en valeur du travail de Isabella Vanni qui est ma collègue à l’April et évidemment celle d’Étienne Gonnu. Je précise que Isabella sera présente la semaine prochaine dans l’émission justement pour faire sa chronique « Le libre fait sa comm’ » et parler notamment d’actions de sensibilisation.
    Marie-Odile, je te remercie pour cette chronique. Je te souhaite de passer une bonne journée et on se retrouve le mois prochain.

    Marie-Odile Morandi : Au revoir. Merci à vous.

    Frédéric Couchet : Bonne journée. C’était Marie-Odile Morandi pour sa chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ».
    Nous allons faire une pause musicale. Nous allons écouter Waii​-​Ha par Silva de Alegría et on se retrouve juste après.

    Pause musicale : Waii​-​Ha par Silva de Alegría.

    Voix off : Cause Commune 93.1

    Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Waii​-​Ha par Silva de Alegría. C’est une musique sous licence libre comme toutes les musiques que l’on diffuse dans l’émission. Vous retrouvez la référence sur le site de l’April, april.org.

    Vous écoutez l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur causecommune.fm. Nous allons maintenant démarrer une discussion concernant les logiciels libres pour l’image et la vidéo avec nos deux invités, Jehan Pagès. Rebonjour Jehan.

    Jehan Pagès : Bonjour.

    Frédéric Couchet : Et Lionel Allorge. Rebonjour Lionel.

    Lionel Allorge : Bonjour.

    Frédéric Couchet : On va d’abord commencer par un petit tour de table de présentation pour que vous puissiez vous présenter en détail aux personnes qui nous écoutent. On va commencer par Jehan Pagès, est-ce que tu peux te présenter s’il te plaît ?

    Jehan Pagès : Moi je suis un des développeurs de GIMP. En ce moment je suis engagé comme ingénieur au CNRS pour développer GIMP par un laboratoire qui s’appelle le laboratoire Greyc, g, r, e, y, c. Je suis aussi membre d’une association qui s’appelle l’association LILA, l, i, l, a. On promeut les logiciels libres pour les créations artistiques et on est aussi producteur d’un film d’animation…

    Frédéric Couchet : Qui s’appelle ?

    Jehan Pagès : ZeMarmot, z, e, m, a, r, m, o, t, c’est une blague parce que c’est de l’anglais mais comme on est français, on…

    Frédéric Couchet : On prononce le the avec le « z ».

    Jehan Pagès : Voila, exactement.

    Frédéric Couchet : OK. On aura l’occasion de revenir sur ce projet-là aussi, sur tes activités à la fois bénévoles et professionnelles.
    Lionel Allorge, on se connaît depuis de nombreuses années, mais je te laisse quand même te présenter.

    Lionel Allorge : Je suis membre de l’April depuis l’an 2000, je crois, j’ai été membre du conseil d’administration pendant plusieurs années et j’ai été également président de l’April pendant trois ans. Aujourd’hui je suis redevenu simple membre, on va dire. Je m’intéresse depuis longtemps à tout ce qui est création audiovisuelle, notamment la photographie mais aussi aujourd’hui la vidéo. Donc c’est l’occasion de venir parler un petit peu des outils que j’utilise qui sont des outils libres.

    Frédéric Couchet : Et tu es toujours membre, voire président, de l’association Lune Rouge ?

    Lionel Allorge : Oui. Avec des amis on a monté une petite association qui s’appelle Lune Rouge, qui a pour but, justement, de créer des choses autour de l’audiovisuel dans le domaine notamment du fantastique, de la science-fiction, mais de manière, disons, très amateur. Le but c’est de se faire plaisir essentiellement.

    Frédéric Couchet : C’est l’essentiel ! Lune Rouge existe depuis peut-être 25 ou 30 ans. C’est ça ?

    Lionel Allorge : Depuis les années 80.

    Frédéric Couchet : OK, oui 30 ans, d’accord, voire plus. Très bien.
    Alors on va commencer. L’idée, évidemment, ce n’est pas d’aborder tous les logiciels libres qui existent dans l’image et la vidéo parce qu’il y en a beaucoup, mais de parler des principaux, à la fois en termes de fonctionnalités, en termes éventuellement de manque. On parlera aussi, dans une deuxième partie, des modèles de développement et des modèles économiques de certains des projets, parce que les gens, des fois, utilisent des logiciels dont ils n’imaginent pas la façon dont ils sont financés et là on a deux exemples assez différents avec Blender côté vidéo et GIMP côté image. Et on parlera évidemment aussi des façons de se mettre à ces outils de création images et vidéos et des premières pistes que l’on peut proposer aux personnes qui nous écoutent.
    Déjà on va commencer à parler côté images. Quand on parle d’images et de logiciels libres, on pense assez naturellement et assez rapidement à GIMP qui est un logiciel libre pour créer des images, qui existe depuis, peut-être que je vais piéger Jehan en demandant depuis combien de temps il existe…

    Jehan Pagès : Je crois que c’est 1996.

    Frédéric Couchet : 1996. GIMP ça veut dire GNU Image Manipulation Programme donc c’est un programme de manipulation d’images qui est « issu » entre guillemets ou qui est chapeauté quelque part par le projet GNU de Richard Stallman, le projet fondateur du logiciel libre.

    Jehan Pagès : Originellement le G voulait dire « Général ».

    Frédéric Couchet : C’est vrai ?

    Jehan Pagès : C’est Stallman qui a demandé à ce qu’ils changent le nom. Ou l’inverse, ou peut-être l’inverse. Ce sont peut-être les auteurs originaux qui ont demandé à Stallman s’ils pouvaient utiliser GNU. L'un des deux.

    Frédéric Couchet : D’accord. J’avoue que je ne me souvenais pas de ce point de détail. Alors Jehan, comme tu l’as dit dans l’introduction, tu es développeur GIMP, à la fois développeur bénévole et puis tu as aussi aujourd’hui un travail dans un laboratoire de recherche pour travailler sur GIMP. Déjà est-ce que tu peux nous parler des fonctionnalités de GIMP, de ce projet et de ses usages pour des personnes qui souvent vont plutôt penser dans le monde privateur à Photoshop notamment ? Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu ce projet GIMP ?

    Jehan Pagès : GIMP, comme son nom l’indique, c’est vraiment un logiciel de manipulation d’images assez générique, ce qui fait qu´on peut faire un peu tout. Il y a certains projets qui décident d’être un peu plus spécialisés et beaucoup utilisent énormément GIMP pour la photographie notamment, il y a énormément de filtres, énormément de possibilités, et d’outils, etc. Il y en a qui l'utilisent pour le dessin, pour le design. Il y a aussi beaucoup de scientifiques qui utilisent GIMP parce qu’il y a tout un système d’API [application programming interface], de plugins, on peut faire des scripts et tout ça. Des fois dans les rapports de bugs, il y a des gens qui arrivent avec « moi j'ai cette image de 500 000 fois 500 000 », parce qu’ils font des trucs de recherche. Il y a un peu tout, vraiment, il y a même des gens qui font du pixel art. Un peu de tout. C’est ça.

    Frédéric Couchet : D’accord. Par rapport à Photoshop, est-ce qu’on retrouve d’autres outils privateurs ou même d’autres outils logiciels libres, parce que j’ai l’impression qu’en termes de traitement d’images, en tout cas matricielles, GIMP est le principal logiciel libre qui existe et ou est-ce que je me trompe ?

    Jehan Pagès : Oui, tout à fait. Il est tellement vieux : c’est une histoire d’ancienneté en fait. Ça fait plus de 20 ans qu’il est là ! Effectivement on est typiquement sur le créneau de Photoshop, même si certains croient qu’on essaie de copier Photoshop, ce qui n’est pas le cas, d’ailleurs moi je n’ai pas utilisé Photoshop depuis 20 ans, peut-être pas 20 ans, la dernière fois que j’ai dû utiliser ça j’étais au lycée, donc si, peut-être une vingtaine d’années. C’est ce créneau-là du logiciel qui fait un peu tout. C’est un logiciel générique, pas spécialisé effectivement. Ensuite, comme ça fait longtemps que je ne l’ai plus utilisé je ne pourrais pas comparer exactement les fonctionnalités. Je sais qu’il y a des choses qu’on n’a pas qu’il y a dans Photoshop, mais je sais qu’il y a aussi l’inverse. C’est souvent une histoire d’habitude, quand on est habitué ; on lit régulièrement des retours de gens qui ont utilisé GIMP pendant 15 ans et un jour ils se disent on va essayer Phososhop et, en fait, ils n’y arrivent pas, ils ne comprennent pas et ils sont aussi frustrés que quelqu’un qui sera très habitué à Photoshop.

    Frédéric Couchet : C’est un point important dont tu parles qui est finalement la force des habitudes. Au-delà de la capacité de ces logiciels – c’est valable dans l’image, la vidéo, mais dans d’autres logiciels, de la bureautique ou autres, peut-être plus dans le traitement d’images et de vidéos parce que c’est peut-être un poil plus compliqué, on peut faire plus de choses –, le fait que quelqu’un est habitué à un logiciel, pour le faire changer, que ce soit vers le logiciel libre ou l’inverse, c’est quelque chose de pas du tout évident, parce qu’il y a des habitudes. Moi je ne connais pas du tout Photoshop et très peu GIMP, mais ce sont sans doute deux approches différentes en termes d’interface, donc on peut être troublé quand on passe de l’un à l’autre. Est-ce qu’il y a des moyens de casser cette problématique quand il y a des gens qui arrivent sur GIMP ? Est-ce qu’il y a des ateliers par exemple qui existent ? Est-ce qu’il y a aussi des formations par exemple aujourd’hui sur GIMP, je pense aux formations pour les graphistes ou autres, est-ce que la formation à GIMP est intégrée dans ces formations ?

    Jehan Pagès : Il n’y en pas beaucoup je pense, mais ça arrive. On a dans notre association, notre réalisatrice animatrice qui fait un peu tout.

    Frédéric Couchet : Qui s’appelle comment ?

    Jehan Pagès : Aryeom Han, qui a donné, par exemple, des cours à l’université de Cergy-Pontoise. C’était sur quatre jours, je crois, à deux classes, c’était un programme de cours-invité ; une des classes était Graphisme puisque c’était la classe des infographistes et une classe c’était 3D patrimoine. Eux ont plus fait de la retouche, etc., parce que même pour la 3D on a besoin pour plaquer des textures, des choses comme ça. Donc ça arrive, il y en a qui commencent, ce programme-là ou d’autres, à les enseigner l’école, il y a peut-être des formations, etc. Ensuite il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas non plus encore une habitude, ça s’améliore. Il y en a certains qui ont mieux réussi ; Lionel en parlera plus tard, je crois, de Blender et eux sont déjà beaucoup plus implantés dans le milieu professionnel. Par exemple quand on regarde les compétences sur le site Pôle emploi, dans les compétences en général ils mettent en fait des logiciels, des choses comme ça ; il y a Blender dedans à côté des produits Adobe, etc.

    Frédéric Couchet : D’accord. Alors que dans le domaine de l’image ce n’est pas le cas. C’est ça ?

    Jehan Pagès : Il n’y a aura pas GIMP dans la liste. La dernière fois que j’ai regardé il n’y avait pas GIMP dans la liste.

    Frédéric Couchet : D’accord, il y aura Photoshop.

    Jehan Pagès : Oui, il y aura Photoshop et il y avait Blender, etc., enfin pas etc., juste Blender je crois en libre, c’est la seule chose que j’ai vue dans « image vidéo ». Donc eux commencent à être un peu plus enseignés, etc., dans les universités ; il y a pas mal de formations professionnelles aussi qui font du Blender. Mais sinon, pour débuter, c’est vrai que ça doit être plus dur, je pense, pour trouver GIMP. De toutes façons c'est vrai pour tous les logiciels, même en formation, ce n’est pas vraiment là, d’après moi, où on apprend. J’ai une vision assez particulière de l’université, je pense que c’est l’utilisation.

    Frédéric Couchet : L’utilisation, la pratique.

    Jehan Pagès : La pratique voilà, la pratique. En fait quand vous utilisez GIMP 8 heures par jour, 5 jours par semaine, tout devient facile, enfin tout, les choses que vous utilisez le plus fréquemment. Ce qui est aussi un des points : quand on parlait de l’habitude à Photoshop ce qui sera différent c’est que même des fois quand on a des fonctionnalités qui manquent ce n’est pas forcément un problème parce que, en vrai, même un professionnel utilise une petite partie, parce que ce sont des logiciels très complexes, très compliqués.

    Frédéric Couchet : Même les pros utilisent 5 ou 6 % des fonctionnalités.

    Jehan Pagès : Parce qu’en fait chacun utilise ce dont il a besoin. Une fois qu’on est habitué ensuite, même s’il y a plusieurs façons de faire une même chose, on va souvent réutiliser les méthodes auxquelles on s’est habitué, etc.

    Frédéric Couchet : D’accord. Lionel Allorge tu disais que tu faisais beaucoup de photographie. Dans le cadre de ton traitement de photographies tu utilises GIMP ou tu utilises un autre outil ?

    Lionel Allorge : Ça dépend. J’utilise beaucoup GIMP. Mais GIMP a ses limites dans certains types de fichiers photos qui sont ce qu’on appelle du RAW, r, a, w ; c’est le fichier le plus brut qui puisse sortir de l’appareil photo.

    Frédéric Couchet : C’est ce que produit directement l’appareil avant…

    Lionel Allorge : Avant d’être traité dans un format comme le JPEG, par exemple. Des fois GIMP n’arrive pas à lire correctement certains de ces fichiers RAW, parce que, bien sûr, chaque fabricant a sa propre idée de la manière dont ce fichier doit être composé.

    Frédéric Couchet : Chaque fabricant d’appareil.

    Lionel Allorge : Chaque fabricant d’appareil photo. Ce n’est pas du tout normalisé comme le JPEG par exemple ou le PNG ou ce genre de format plus grand public.

    Jehan Pagès : Tu utilises quelle version de GIMP ?

    Lionel Allorge : J’essaye d’être à jour. Donc d’avoir les dernières en date, mais les dernières dans ma distribution. Ce n’est peut-être pas la dernière sortie.

    Jehan Pagès : En fait la dernière de GIMP donc les 2.10 et quelques, 2.10.8 en l’occurrence, en fait depuis 2.10.0 pour le RAW on utilise nous-mêmes d’autres logiciels.

    Lionel Allorge : D’accord.

    Jehan Pagès : C’est-à-dire en Libre les deux principaux c’est Darktable et RawTherapee.

    Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux juste les répéter, donc Darktable et le deuxième ?

    Jehan Pagès : RawTherapee.

    Frédéric Couchet : RawTherapee. C’est donc pour traiter les fichiers RAW.

    Jehan Pagès : Je crois qu’on appelle ça des développeurs. On dit développement numérique comme si c’était un labo photo quoi ! Maintenant GIMP détecte si ces logiciels sont installés et s’ils sont installés, il lance le logiciel, en plus si on a les deux d´installés on peut sélectionner dans les préférences notre préféré et on peut traiter ce fichier-là RAW et une fois que c’est fini ça revient dans GIMP. Effectivement ce n’est pas du tout la spécialité de GIMP de traiter les fichiers RAW. C’est pour ça qu’on se dit qu'il y a d’autres logiciels, d’ailleurs on connaît bien leurs développeurs, on les voit tous les ans, etc., on utilise ces logiciels-là nous-mêmes.

    Frédéric Couchet : Cette remarque entre vous deux est intéressante parce que ça permet de rappeler que c’est aussi un peu la philosophie d´UNIX d’avoir des outils qui font un domaine vraiment bien et qui se reposent sur d’autres outils pour faire ce qu’ils ne maîtrisent pas. C’est la première chose. La deuxième chose c’est une question. Tu as parlé de version, tu as posé une question de version de logiciel ce qui est toujours évidemment important. J’ai deux questions : est-ce que dans les distributions GNU/Linux classiques ou même d'autres systèmes libres, est-ce que c’est la dernière version qui est généralement disponible, par exemple sur Debian, Ubuntu ou d’autres. Et ma deuxième question : ces outils dont on parle, GIMP, Blender et on citera peut-être tout à l’heure Inkscape, Krita et d’autres, ont aussi la particularité d’être multi-plateformes, c’est-à-dire d’être disponibles aussi sur des environnements Windows, Microsoft Windows ou Mac OS ? Est-ce que ce sont les mêmes versions sur les trois environnements, à votre connaissance ?

    Jehan Pagès : Nous on fournit la même version, sauf que les distributions, elles, maintiennent leur propre build, leur propres version compilée.

    Frédéric Couchet : Leur propres version compilée.

    Jehan Pagès : Et elles sont souvent en retard. En fait ce qui est en retard c’est qu’elles ont ce système de version stable. En l’occurrence pour GIMP, quand ils ont fait le gel des fonctionnalités, le freeze, si à ce moment-là on avait encore la version 2.8, ce qui est le cas par exemple pour la Ubuntu stable à l’heure actuelle, ils ont dit « eh bien on reste sur les 2.8 ». Or 2.8 ça fait presque un an maintenant que pour nous c’est totalement déprécié et qu’on n’a plus de nouvelle sortie, de corrections de bugs, ni rien, mais la version, la Ubuntu LTS, Long-Term Support, utilise toujours une version totalement vieille.

    Frédéric Couchet : D’accord. Dans ce cas-là, tu conseilles à la personne d’installer la version la plus à jour à partir du site de GIMP ?

    Jehan Pagès : Maintenant sous Linux il y a ces nouveaux types de paquets qui sont Snap ou Flatpak. En gros ce sont des paquets qui peuvent marcher partout.

    Frédéric Couchet : D’accord.

    Jehan Pagès : Il y aussi AppImage. Nous, GIMP, on fournit juste officiellement un Flatpak, mais il y a des gens qui font aussi un Snap, c’est Ubuntu qui a fait son propre système. AppImage est un système un peu plus ancien mais qui est quand même un peu différent. En fait s’ils ne l’ont pas dans leur distribution, il faut qu’ils installent un de ceux-là. Ou alors maintenant souvent les distributions les PPA, je ne sais pas si vous connaissez.

    Frédéric Couchet : C’est Ubuntu.

    Jehan Pagès : Voilà. Ça c’est Ubuntu en PPA.

    Frédéric Couchet : Je ne me souviens plus de ce que ça veut dire.

    Jehan Pagès : Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ce sont des paquets fournis par d’autres personnes, par des tiers.

    Frédéric Couchet : Par d'autres personnes, par des tiers. Oui c’est ça. Ce ne sont pas des paquets officiels fournis par Ubuntu, mais ce sont des paquets fournis par des tiers.
    En tout cas au-delà de tous ces aspects, ces mots techniques, sans doute que les gens sont un peu perdus, même moi, d'ailleurs, je n’ai pas forcément tout saisi dans le détail, l’important c’est de vérifier la version qui est disponible sur son environnement et de vérifier par rapport à la version officielle actuelle, par exemple pour The Gimp et je poserai la même question pour Blender, éventuellement de mettre à jour, parce que effectivement sur un certain nombre de distributions GNU/Linux, notamment Debian, là je l’ai vérifié. Moi j’utilise une version qui n’est pas stable de Debian, c'est une version qu’on appelle de test, c’est la version 2.10 de GIMP qui est installée.

    Jehan Pagès : C’est la version de test.

    Frédéric Couchet : Voilà. Les personnes qui sont souvent sur une version stable, par exemple chez moi les autres ordinateurs sont sur une version stable, donc effectivement GIMP 2.8. Après ça dépend des fonctionnalités qui sont requises ; pour beaucoup de gens ça suffira, mais des fois il faudra mettre la version à jour. Ma question par rapport à Windows et Mac, tu as répondu, vous fournissez la version à jour.

    Jehan Pagès : C’est plus facile, ils ont des installeurs ou Mac a un paquet dmg.

    Frédéric Couchet : D’accord. En tout cas il est important de savoir que les personnes qui aujourd’hui utilisent un système privateur, que ce soit Microsoft Windows ou Mac OS, peuvent tester GIMP et le jour où elles migreront vers un système entièrement libre elles retrouveront GIMP et normalement la même version avec les mêmes fonctionnalités,
    Sur Blender, logiciel de vidéo, c’est un peu le même principe en termes de version ?

    Lionel Allorge : Blender est un logiciel qui a été créé et dès le départ les créateurs voulaient maîtriser leur interface. En fait l’interface, donc tout ce qui apparaît sur les fenêtres, a été défini à partir de zéro. Du coup le logiciel n’est pas lié à un système d’exploitation, il n’est pas lié par exemple à Windows ou à un système propriétaire.

    Frédéric Couchet : Ils n’ont pas utilisé de librairies, enfin de bibliothèque de fonctions préexistantes pour construire l’interface ; ils sont partis vraiment de zéro, ce qui leur permet de livrer pour toutes ces interfaces.

    Lionel Allorge : Voilà. Ça a permis assez facilement de faire des variantes, enfin des versions pour chaque système d’environnement, non seulement les plus connus donc Mac OS et Windows mais aussi pour d’autres plus exotiques, Spark [Solaris, Note de l'orateur], des choses comme ça.

    Frédéric Couchet : D’accord.

    Lionel Allorge : Ça permet une grande variété d’environnements.

    Jehan : Pour GIMP, c’est marrant parce que c’est la même chose en fait. GIMP a créé son propre toolkit, le GTK.

    Lionel Allorge : Oui c’est vrai historiquement. Qui après a été récupéré par Gnome notamment.

    Jehan Pagès : Par Gnome, etc. GTK veut dire GIMP Toolkit.

    Frédéric Couchet : Gnome est un environnement de bureau disponible sur des environnements libres. Il y a d’autres, un qui s’appelle KDE. N’hésitez pas à aller dans les fêtes d’installation de logiciels libres, allez voir des groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices pour découvrir ça.
    Sur le salon on nous apporte des contributions utiles parce qu’on cherchait ce que veut dire PPA, ça veut dire Personnal Package Archive, donc une archive de paquets personnels fournie effectivement par des tiers et non pas par Ubuntu.
    On va parler aussi un petit peu de Blender. Blender historiquement ce n’est pas un logiciel libre si je me souviens bien, Lionel Allorge ?

    Lionel Allorge : Voilà.

    Frédéric Couchet : Historiquement c’est un logiciel privateur.

    Lionel Allorge : C’est ça. Même au départ il y a une notion qui est le fait que les premières versions ont été faites par une entreprise, au sein de l’entreprise, pour être utilisées en interne. C´est ce qu’on appelait des logiciels à façon, c’est-à-dire des logiciels qui ne sont pas destinés à être diffusés. Quand le développeur a voulu commencer à diffuser son logiciel, il l’a fait dans une manière qui était à l’époque relativement classique, qu’on appelait le shareware ou le partagiciel en français, c’est-à-dire que les gens pouvaient gratuitement récupérer le logiciel, l’essayer et puis si ça leur convenait à ce moment-là on les encourageait à payer une certaine somme et notamment ça leur permettait d’avoir des fonctionnalités supplémentaires par exemple. Donc c’est comme ça que Blender a commencé à se faire connaître du grand public. Ce n’est pas un logiciel libre.

    Frédéric Couchet : Ce n’était pas un logiciel libre.

    Lionel Allorge : Ce n’était pas un logiciel libre.

    Frédéric Couchet : Aujourd’hui c’est un logiciel libre.

    Lionel Allorge : C’est ça. Il faut bien insister sur la différence : le logiciel libre apporte les fameuses 4 libertés qu’un shareware n’apporte pas. Il y a que, éventuellement, la liberté 0, c’est-à-dire celle d’utilisation, et encore elle est limitée, comme on vient de le dire, puisqu’il faut payer pour certaines fonctionnalités. L’histoire est intéressante parce que du coup ce logiciel a commencé, a eu un certain succès parce qu’il n’y avait pas beaucoup de solutions on va dire entre guillemets « gratuites » pour l’utilisateur, donc il a été beaucoup utilisé, mais l’entreprise qui le diffusait, qui s’appelait Not a Number [Not a Number Technologies], une entreprise néerlandaise, en 2002 a fait faillite, parce que les gens qui avaient investi dedans ont constaté qu’ils n’arrivaient à gagner d’argent avec ce modèle économique. Du coup le logiciel, et c’est le gros défaut de tous les logiciels qui ne sont pas libres, c’est qu’il risquait de disparaître corps et âme si on peut dire puisque l’entreprise aurait été fermée et le logiciel disparaissait. On pouvait toujours avoir les exécutables, mais il n’y avait plus moyen de pouvoir intervenir dessus. Le développeur principal qui s’appelle Ton Roosendaal a donc essayé de sauver, en quelque sorte, son logiciel en demandant aux investisseurs de le rendre public, en tout cas au début au moins d’autoriser sa diffusion et là les investisseurs ont dit : « Oui, mais nous on veut rentrer un peu dans nos frais ». Donc ils ont demandé une somme assez importante de 100 000 euros. 100 000 euros c’était le prix pour pouvoir rendre ce logiciel libre, pour pouvoir le diffuser sous licence libre. Personnellement j’avais suivi un peu cette histoire et quand j’ai vu de montant je me suis dit : ça ne marchera jamais !

    Frédéric Couchet : Ça ne marchera jamais ! C’était en 2002, pour rappel.

    Lionel Allorge : 2002. J’étais très négatif parce que je me disais 100 000 euros ! Surtout pour des gens qui étaient jusque-là habitués à avoir ce logiciel gratuit sur Internet. En fait j’avais tort. La somme a été réunie très rapidement ; en quelques mois ils ont réuni les 100 000 euros donc le logiciel a pu un, être publié sous licence libre et, en plus, ça a permis de créer une fondation qui s’appelle la fondation Blender qui permet aujourd’hui d’assurer l’avenir de ce logiciel, puisque ce logiciel continue à être activement développé, mais aujourd’hui c’est grâce aux dons des utilisateurs que le système fonctionne.

    Frédéric Couchet : Ça c’est très intéressant. Ça veut dire que ce travail fait par Ton Roosendaal a permis de libérer ce logiciel, ce qui en plus a permis une grande dynamique parce qu’aujourd’hui Blender est quand même très largement utilisé, comme le disait Jehan tout à l’heure il est même signalé dans les compétences proposées sur le site de l’ANPE contrairement à The GIMP ou d’autres. À l’époque, effectivement, on était un peu dubitatifs sur la possibilité de réunir 100 000 euros. C’était 100 000 euros ou 100 000 dollars ?

    Lionel Allorge : 100 000 euros puisque c’est une entreprise néerlandaise. Il y avait déjà l’euro en 2002.

    Frédéric Couchet : Il y avait déjà l’euro. Donc on était un peu dubitatifs, mais ça a fonctionné, c’était en 2002, nous sommes en 2019, donc 17 ans après, ce logiciel continue à se développer avec un modèle économique, comme tu le dis, de fondation, qui est basé sur les dons des utilisateurs, ce qui nous permettra, après la pause musicale, de parler un petit peu du modèle de The GIMP. Jehan peut-être que tu voulais rajouter quelque chose avant la pause musicale ?

    Jehan Pagès : Je voulais dire qu'un ami me disait ça, que c’était le premier crowdfunding sur Internet à priori de l’histoire avant toutes les plateformes de crowdfunding en fait.

    Frédéric Couchet : C’est possible effectivement, je ne sais pas du tout ; on vérifiera.

    Jehan Pagès : C’est très vieux et à l’époque personne ne faisait de crowdfunding sur Internet, c’est un choix de financement. Donc c’est assez intéressant de ce point de vue historique.

    Frédéric Couchet : Tout à fait. Après la pause on parlera un peu de GIMP, du fonctionnement économique et puis du travail de Jehan Pagès au CNRS sur The GIMP, justement. On va faire une pause musicale. Nous allons écouter Requiem for a fish par The Freak Fandango Orchestra et on se retrouve juste après,

    Pause musicale : Requiem for a fish par The Freak Fandango Orchestra.

    Voix off : Cause Commune, cause-commune.fm, 93.1,

    Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Requiem for a fish par The Freak Fandango Orchestra. Les références sont sur le site de l’April ; c’est toujours de la musique libre et vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio cause Commune 93.1 et partout ailleurs sur causecommune.fm.

    Avant la pause nous discutions de Blender, logiciel privateur de vidéo, devenu en 2002, suite à un lancement de financement participatif pour un montant de 100 000 euros, un logiciel libre. Aujourd’hui il est très utilisé, en plein développement.
    Nous allons revenir après sur la vidéo pour parler d’un autre logiciel qui s’appelle Kdenlive qu’utilise Lionel Allorge, mais avant cela on va revenir sur GIMP et un petit peu sur le fonctionnement du modèle économique de GIMP. Comment il se développe et pour savoir aussi un petit peu comment se fait-il que Jehan Pagès soit payé par le CNRS pour développer sur GIMP. Donc Jehan est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu tout ça ?

    Jehan Pagès : Déjà GIMP lui-même n’a pas vraiment de modèle économique. C’est un logiciel entièrement communautaire. On peut faire des donations ; Gnome est né de GIMP mais maintenant Gnome ils ont plein de sous, ils ont une fondation, etc., et en fait GIMP, on va dire, a un « compte » en guillemets chez Gnome. On peut donner en fait pour GIMP par l’intermédiaire de Gnome, mais cet argent n’est utilisé que pour, par exemple, du matériel, pour les contributeurs et puis aussi pour les faire se rencontrer tous les ans, notamment au Libre Graphics Meeting qui est une conférence annuelle de logiciels libres pour le graphisme ; juste comme ça. Mais comme il n’y a pas vraiment d’entité légale pour GIMP, ça ne peut pas payer, ça ne paye pas de salaire ni rien de ce genre.

    Frédéric Couchet : Donc c’est principalement du développement communautaire bénévole.

    Jehan Pagès : Voilà. On est en gros trois gros développeurs chez GIMP, à l’heure actuelle, alors il n’y a vraiment pas grand monde ; pour des petits patchs il y a d’autres gens, mais on est trois à faire la plupart des choses.

    Frédéric Couchet : Les deux autres sont situés où physiquement ? Si tu le sais.

    Jehan Pagès : Oui. Le mainteneur, Michael Natterer, Mitch, est en Allemagne, il a une librairie, c'est son boulot.

    Frédéric Couchet : D’accord.

    Jehan Pagès : Il développe beaucoup et je ne sais pas comment il fait parce qu’il a des employés, etc. et, entre deux livres qu’il vend il fait des patchs. Il y en a un autre qui s’appelle ell, e, l, l ; on ne sait pas son vrai nom, on ne sait pas où il est, on ne s'est vraiment jamais vus. En plus il est très fort, donc on pense que c’est un robot ou un alien, quelque chose comme ça. Voilà !

    Frédéric Couchet : D’accord. Donc toi tu fais partie de ces trois-là. C’est finalement une petite communauté de principaux développeurs. Je suppose qu’il y a des petites contributions à côté.

    Jehan Pagès : Voilà. Ensuite, pas tout à fait, on est un peu plus, parce maintenant GIMP et son moteur graphique se sont, on va dire, séparés. On utilise GEGL qui est le moteur graphique de GIMP et qui lui-même a plusieurs développeurs qui travaillent beaucoup. Et vu qu’on l’utilise, c’est notre moteur graphique, évidemment si on comptait ça ferait, je dirais, au moins un développeur de plus, le mainteneur de GEGL. Voilà !

    Frédéric Couchet : D’accord. OK. Toi à titre personnel, en plus de ta contribution bénévole en tant que développeur de GIMP, aujourd’hui tu es au CNRS pour travailler en partie sur GIMP ? Ou totalement sur GIMP ?

    Jehan Pagès : Totalement.

    Frédéric Couchet : Totalement. D’accord. Qu’est-ce que tu fais là-bas ?

    Jehan Pagès : En fait c’est juste un contrat d’un an. Je ne sais plus comment ils appellent ça, ingénieur je ne sais plus quoi, c’est un CDD. C’est une équipe, un labo à Caen, qui eux-mêmes développent un logiciel libre qui s’appelle G'MIC.

    Frédéric Couchet : G, M, I C.

    Jehan Pagès : Moi je dis « G MIC », mais je crois qu’ils disent « GMIC », donc c’est G, ’, M, I, C et qui est, je pense, j’en suis à peu près sûr, le plugin le plus utilisé, le plus téléchargé de GIMP. En fait c’est toute une plateforme. C’est pareil, ils ont aussi, je crois, enfin ce n'est pas je crois, on peut l’utiliser par la ligne de commande, etc. G’MIC a des centaines de filtres ; c’est une plateforme pour créer des filtres et pour tester en fait ; ils font des papiers de recherche, etc.

    Frédéric Couchet : Donc ce sont des chercheurs spécialistes en traitement de l’image, qui développent un greffon à GIMP, qui peut être utilisé aussi, comme tu le dis, en ligne de commande c’est-à-dire tout seul, pour appliquer des filtres divers et variés à des images.

    Jehan Pagès : Exactement.

    Frédéric Couchet : Donc toi tu es embauché pour un an pour travailler là-dessus.

    Jehan Pagès : En fait au tout début ils voulaient m’embaucher pour faire un plugin Photoshop pour G’MIC et je leur ai dit non, que ça ne m’intéressait pas vraiment. Finalement ils ont changé le truc, parce que je travaille en fait sur l’amélioration de l’architecture pour installer des plugins dans GIMP. À l’heure actuelle c’est encore un peu à l’ancienne, on prend un zip sur Internet qu’on met dans un dossier et puis il faut…

    Frédéric Couchet : Tu veux dire pour faciliter l’installation d’un greffon sur son ordinateur.

    Jehan Pagès : Exactement.

    Frédéric Couchet : D’accord.

    Jehan Pagès : Là l’idée serait plus à la Firefox ou autres, c’est-à-dire on peut chercher des extensions, on peut les installer en cliquant.

    Frédéric Couchet : On clique sur un bouton.

    Jehan Pagès : En fait ça les intéressait parce que ça permet aussi d’étendre, enfin de faire mieux connaître G’MIC, etc. Ils ont été intéressés par ça et ensuite, comme je sais qu’ils font plein d’algorithmes vachement intéressants dont un qu’on appelle la colorisation intelligente. Ça aussi ça m’a intéressé, On a discuté et j’ai déjà fait un premier projet dans le cadre de mon contrat, qui est fini, ça va sortir je pense d’ici quelques jours, dans la prochaine version de GIMP, qui est d’implémenter la colorisation intelligente dans GIMP. Ce sont des algorithmes : quand on colorie dans un espace fermé, on peut colorier à l’intérieur, mais par exemple s’il n’est pas bien fermé, la couleur va sortir. En fait, ça permet de deviner que là il faut relier.

    Frédéric Couchet : Il faut relier pour fermer.

    Jehan Pagès : Il faut fermer. C’est un peu l’idée.

    Frédéric Couchet : D’accord.

    Jehan Pagès : Je pense que c’est un très bon usage de l’argent public parce que ça permet d’améliorer les logiciels libres et c’est assez cool.

    Frédéric Couchet : Ah oui, j'imagine bien. En tout cas c’est effectivement un bel usage de l’argent public et on espère que plus d’argent public peut être utilisé dans ce cadre-là, c’est-à-dire dans le développement de logiciels libres. Lionel, tu voulais ajouter quelque chose.

    Lionel Allorge : Oui. J’avais rencontré les gens qui développent ce plugin. Ça peut sembler comme ça bizarre qu’une université développe ce genre de choses. Il y a certes un aspect créatif, mais il y a aussi un énorme aspect scientifique, c’est-à-dire beaucoup de ces plugins sont utilisés pour traiter des fichiers issus de la recherche, avec des algorithmes des fois vraiment très sophistiqués qui sont mis en œuvre dedans. Donc c’est justifié, me semble-t-il, qu’une université française développe ça et, en plus, ça va bien avec le modèle universitaire de le diffuser ensuite comme un logiciel libre.

    Frédéric Couchet : Tout à fait ! Lionel tout à l’heure tu nous as parlé de Blender, de son modèle économique enfin de son modèle de libération et aujourd’hui de l’aspect fondation. Blender c’est un outil de création de vidéos, mais ce n’est pas le seul qui est utilisé, il y en a d’autres, et toi je crois que tu utilises beaucoup un logiciel qui s’appelle Kdenlive. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?

    Lionel Allorge : Oui, c’est ça. Kdenlive est un logiciel pour faire du montage vidéo. L’idée c’est d’avoir fait des images animées, donc typiquement tournées avec une caméra ou de nos jours avec un téléphone, et on veut pouvoir rassembler ces images pour faire un tout cohérent, pour faire quelque chose d’intéressant. L’idée c’est qu’il faut un logiciel qui permette de couper dans toutes ces images, de les assembler correctement, éventuellement d’ajouter des effets de transition par exemple pour passer d’une séquence à une autre. Et puis pourquoi pas, pour ceux qui s’en sentent l’âme, d’ajouter carrément des effets spéciaux, d’ajouter des manipulations de l’image, par exemple des filtres comme ceux qu’on vient d’évoquer mais au lieu de les appliquer à des images fixes, on peut les appliquer à une image animée.
    Donc ce logiciel est maintenant bien au point, je crois qu’on en est à la version 18 actuellement ; c’est quelque chose qui est développé de manière active et c’est un logiciel qui permet des résultats vraiment au niveau professionnel, c’est-à-dire que ça peut manipuler à peu près tous les fichiers vidéos disponibles et ça permet de faire des montages sophistiqués avec plusieurs couches d’images, plusieurs couches de son, ce genre de choses.

    Frédéric Couchet : D’accord. Si quelqu’un demain veut faire du montage vidéo, entre Blender et Kdenlive ou autre outil logiciel libre de montage vidéo, est-ce qu’il y a des vraies différences ? Pourquoi toi tu préfères Kdenlive plutôt que Blender, par exemple ?

    Lionel Allorge : Blender est un logiciel qui au départ est fait pour créer des images virtuelles qu’on appelle 3D, donc il inclut un module de montage vidéo.

    Frédéric Couchet : OK ! Ce n’est pas la même fonctionnalité.

    Lionel Allorge : C’est une sous fonctionnalité, sans que ça soit péjoratif. Ce module marche plutôt bien, mais il est quand même limité dans ses capacités. L’énorme intérêt c’est que comme il est dans le même logiciel, il s’interface très bien avec les objets en 3D, c’est-à-dire que si on a conçu des objets en 3D d’un côté dans Blender, qu’on a fait une petite animation, on peut monter cette animation facilement tout en restant dans le logiciel Blender, donc dans un logiciel dont on maîtrise l’interface, normalement.
    Alors que Kdenlive est fait pour traiter plutôt pour traiter des fichiers qui ont été tournés plutôt avec des caméras vidéos et qu’il faut monter pour pouvoir faire quelque chose d’intéressant. Donc j’aurais tendance à dire que quelqu’un qui a besoin de faire du montage vidéo un peu sophistiqué a plutôt intérêt à prendre un outil spécialisé, donc Kdenlive.

    Frédéric Couchet : D’accord. J’ai exposé au monde entier ma méconnaissance de Blender et de Kdenlive parce que je pensais que c’est un peu la même chose, mais pas du tout ! Je vois évidemment l’intérêt de Kdenlive. Donc Blender c’est pour les personnes qui veulent plus faire de la création d’objets animés 3D qui nécessite peut-être des compétences un peu plus compliquées parce que j’imagine que créer des objets comme ça il faut un talent supplémentaire ou pas du tout ? Est-ce que n’importe qui peut se lancer avec quelques tutoriels pour créer des images, par exemple ?

    Jehan Pagès : Non.

    Frédéric Couchet : Non ? Jehan.

    Jehan Pagès : C’est compliqué. [Il ne suffit pas de « quelques tutoriels ». Il faut du travail. À force de travail, on devient bon et « tout le monde » peut devenir bon. Note de l'orateur]

    Frédéric Couchet : Déjà Lionel vas-y et après on parlera de l’expérience de Jehan et notamment aussi avec ZeMarmot et LILA.

    Lionel Allorge : L’idée générale c’est que les logiciels dits de 3D donc qui permettent de générer des images complètement artificielles, par calcul, sont des logiciels très compliqués à prendre en main. Bien sûr il y a quelques petites choses qu’on peut faire de manière assez simple, par exemple faire une petite animation dans Blender d’un objet qu’on a récupéré dans une bibliothèque peut se faire relativement facilement. Il y a pléthore de tutoriaux y compris en vidéo qui sont disponibles sur Internet, mais il y a ce qu’on appelle une courbe d’apprentissage qui est assez élevée. Il ne faut pas espérer faire des dessins animés type Pixar demain matin avec Blender ; ce n’est pas possible ! Ça demande de s’y investir et d’y investir du temps. Comme disait Jehan tout à l’heure plus on l’utilise plus on le maîtrise, mais on ne peut passer l’étape de l’apprentissage.

    Frédéric Couchet : D’accord. Jehan, on va revenir sur le côté bénévole. Tout à l’heure en introduction tu parlais de ZeMarmot, de l’association LILA. C’est peut-être l’occasion de nous présenter ZeMarmot et l’association LILA et de l’usage de ces outils que ce soit GIMP ou autre dans le cadre de ce projet.

    Jehan Pagès : ZeMarmot est un film d’animation mais en 2D, donc c’est dessiné. En fait on utilise GIMP, on utilise Blender aussi mais pour la partie édition vidéo essentiellement, pas vraiment pour la 3D même si on pourrait parce que de nos jours il y a beaucoup de 3D.
    En fait moi j’ai commencé surtout à beaucoup développer GIMP. À l’origine c’était pour commencer à faire quelques petits projets comme ça parce que je connais Aryeom qui fait de l’animation, qui elle est professionnelle ; elle a été à l’université, elle a étudié l’animation, ensuite elle a travaillé un peu. On a commencé à essayer un peu de l’utiliser, mais au tout début, la première fois que je lui ai montré GIMP, moi je ne connaissais pas tellement plus que ça, eh bien ça a planté, c’était un des premiers patchs que j’ai faits, puisque quand on a débranchait la tablette graphique ça plantait, des choses comme ça, ce n’était pas vraiment utilisable. En fait j’ai commencé à faire des patchs, à en faire de plus en plus, ce qui fait que de nos jours je suis l'un des principaux développeurs, mais au début c’était ça, c’était parce qu’on l’utilisait.
    Et nous on aime bien l’idée un peu dans notre association c’est que finalement on crée nos propres outils, on les utilise et les améliore vraiment par rapport à un usage réel. C’est-à-dire comme en fait tous les jours…

    Frédéric Couchet : C’est-à-dire que vous êtes confrontés à la réalité de la création graphique et donc vous adaptez l’outil.

    Jehan Pagès : Exactement. Tous les jours Aryeom l’utilise, elle se plaint, elle dit « ça ce n’est pas bien » et puis je corrige ce que je peux, etc. et j’améliore. Depuis on a aussi fait beaucoup de fonctionnalités pour améliorer différents points et ça continue.

    L’animation c’est un truc particulier, en plus GIMP n’est pas un logiciel d’animation. À l’époque, quand on a commencé de toute façon il n’y avait pas de logiciel. Maintenant il y en a quelques-uns qui commencent à avoir des modules animation voire certains ont été libérés. Il y en a un qui avait été utilisé par le Studio Ghibli qui a été libéré, OpenToonz, dont on a entendu pas mal parler ces dernières années, mais à l’époque il n’y avait rien donc on utilisait un logiciel de dessin et on rajoute un plugin ; j’ai développé un plugin pour organiser les dessins en animation, on va dire, que j’appelle GIMP Motion qui devrait sortir un jour, mais là je ne le sors pas encore. Le code source est public, c’est dans les dépôts, dans une branche dans les dépôts de GIMP, mais on ne le sort pas encore en version stable parce que je ne le trouve pas très stable, en fait, même si nous on l’utilise tous les jours.

    Frédéric Couchet : D’accord. Cette association vous avez des financements, c’est du travail uniquement bénévole ?

    Jehan Pagès : Oui. On a du financement, pas énormément, mais on en a un peu et en fait, quelque chose qu’on veut vraiment faire, c’est justement professionnaliser cela, c’est-à-dire que ce n’est pas juste pour faire des petits projets amateurs. Donc on paye à l’heure actuelle Aryeom avec le financement mensuel. C’est un financement mensuel.

    Frédéric Couchet : Via plateforme particulière ?

    Jehan Pagès : Plusieurs plateformes. En fait on est sur Patreon, Tipeee, Liberapay. Voilà ! Et puis il y a aussi des gens qui donnent directement à l’association. Vous pouvez aller voir sur le site, c’est libreart.info. En fait il y a plusieurs centaines de personnes parce qu’on améliore énormément le logiciel d’une part et parce qu’on fait un film qui lui-même sera libre, en licence Creative Commons BY-SA, c’est un peu comme la GPL.

    Frédéric Couchet : Partage à l’identique.

    Jehan Pagès : Voilà. Tout le monde peut le télécharger, se l’échanger, etc., le modifier. On donnera même tous les fichiers sources à la fin pour que les gens en fassent ce qu’ils veulent.

    Frédéric Couchet : Donc c’est libreart.info. Les sites que tu as cités ce sont des sites de soutien financier mensuel où des gens peuvent donner mensuellement une petite somme à différents projets.

    Jehan Pagès : Tout à fait. Ils peuvent chercher ZeMarmot dessus et ils nous trouveront.

    Frédéric Couchet : ZeMarmot avec un « z ».

    Jehan Pagès : ZeMarmot avec un « z », z, e, m, a, r, m, o, t, sur Patreon, Tipeee, Liberapay, on y est. Si les gens veulent aider à améliorer GIMP et à sortir un film d’animation très sympa, vous pouvez voir, vous verrez quand vous allez sur les pages, c’est très joli.

    Frédéric Couchet : On a cité quelques logiciels libres, image, vidéo, mais il y en a plein d’autres. On fera sans doute d’autres émissions. On n’a pas cité par exemple pour la PAO, la publication assistée par ordinateur, Scribus. Pour le dessin vectoriel, il y a Inkscape ; il y a aussi Krita pour le traitement d’images.

    Jehan Pagès : Krita ils sont spécialisés sur le dessin.

    Frédéric Couchet : Krita spécialisé sur le dessin. D’accord.

    Jehan Pagès : Comme je disais GIMP est générique et Krita ils ont décidé de se spécialiser, ils disent « c’est pour du dessin, c’est pour de la peinture numérique ». Voilà.

    Frédéric Couchet : D’accord. Pour les personnes qui voudraient s’y mettre est-ce qu’il a des tutoriels qui existent sur le Web ? Est-ce que vous avez des conseils ? Est-ce qu’il y a des ateliers qui existent ou des structures spécialisées qui peuvent faire de la formation ou de l’initiation ? Tout à l’heure on parlait de Blender et que la prise en main de Blender ce n’est pas forcément évident. Est-ce que vous avez des conseils à donner pour les personnes qui nous écoutent ?

    Lionel Allorge : Pour Blender notamment, comme c’est justement complexe, il y a régulièrement des ateliers qui sont organisés pour ceux qui veulent s’essayer à ça. Le conseil qu’on peut donner c’est d’aller sur un site qui s’appelle l’Agenda du libre.

    Frédéric Couchet : agendadulibre.org.

    Lionel Allorge : Où ils ont pouvoir chercher dans leur région des ateliers, notamment sur Blender, qui sont souvent organisés lors d’événements autour du logiciel libre. Notamment à Paris, régulièrement, il y a des ateliers qui sont organisés dans le cadre de ce qu’on appelle le Premier samedi du Libre. Ça se passe à La Villette.

    Frédéric Couchet : À la Cité des sciences et de l’industrie, chaque premier samedi du mois.

    Lionel Allorge : Le premier samedi du mois, l’après midi et là il y a régulièrement un groupe d’utilisateurs de Blender qui s’appelle le BUG, le Blender User Group, qui se réunit et qui peut aider les gens, notamment à mettre un peu le pied à l’étrier. Après si les gens veulent se spécialiser il y a des formations beaucoup plus, on va dire, professionnalisantes, mais qui sont, à ce moment-là, payantes.

    Frédéric Couchet : D’accord. Sur le salon on nous signale un site web qui est sur YouTube, donc des tutoriels en vidéo pour Inkscape et GIMP. C’est Charlotte Boulanger qui ne pouvait pas assister à l’émission mais qui, finalement, nous suit quand même, qui nous signale ces tutos. On va les rajouter sur la page de références sur le site de l’April. J’en profite aussi pour citer un autre type de structure qui sont les espaces publics numériques ou toutes les structures de médiation numérique. Dans beaucoup de villes il y a ce qu’on appelle les Cyber-bases ou des espaces publics numériques où souvent il y a des formations alors peut-être pas Blender, mais GIMP a minima, Inkscape et Scribus. Jehan tu veux rajouter quelque chose.

    Jehan Pagès : Oui. Surtout pour la photographie, il y a une très bonne communauté sur le Web, il faut parler anglais, c’est pixls.us, p, i, x, l, s, point us.

    Frédéric Couchet : Donc pixls.us.

    Jehan Pagès : p, i, i, x, l, s, point us. C’est Patrick David, c’est lui qui nous a fait le site web de GIMP d’ailleurs. C’est un très gros contributeur, ce n’est pas un développeur mais c’est vraiment un très gros contributeur quand même, qui fait aussi cette communauté et c’est une très grosse communauté, très bien au niveau qualité et c’est vraiment très sympa pour les photographes.

    Frédéric Couchet : Très bien. On va rajouter ces références sur le site. Je vais rappeler aussi que dans le socle interministériel des logiciels libres conseillés dans l’administration, la version 2018 parce que malheureusement la version 2019 n’est toujours pas en ligne, certains de ces logiciels sont cités, il y a notamment Scribus, Avidemux dont on n’a pas parlé mais qui fait du montage vidéo, Inkscape, The GIMP. Et évidemment, côté lecteur multimédia, le célèbre VLC dont nous avons déjà parlé dans une émission.
    Jehan Pagès, Lionel Allorge, est-ce que vous souhaitez ajouter quelque chose, quelques mots de conclusion ? Lionel ?

    Lionel Allorge : En tout cas il y a moyen de faire beaucoup de choses avec des logiciels libres. C’est vrai que souvent dans le monde créatif, il y a quelques grands noms qui se sont imposés, on les a cités en début d’émission, mais en fait, aujourd’hui, il y a vraiment moyen de faire beaucoup de choses. C’est souvent juste un problème de passage, de sortir du monde privateur, faire l’effort de passer au monde libre. Et, comme le disait Jehan, le problème c’est surtout d’accepter de passer du temps sur un logiciel. Tous ces logiciels qu’on vient de citer sont des logiciels sophistiqués, donc il faut y passer du temps et ensuite on finit par maîtriser les outils.

    Jehan Pagès : Et ce sera pareil sur un logiciel propriétaire.

    Frédéric Couchet : Exactement.

    Lionel Allorge : Exactement.

    Frédéric Couchet : J’en profite : en faisant l’émission de radio, j’ai redécouvert Audacity ; il y a une certaine prise en main et on découvre des choses absolument fantastiques, des filtres, etc. Jehan Pagès, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?

    Jehan Pagès : Non, je pense que ce que Lionel a dit c’est très bien. De manière générale, les professionnels peuvent utiliser les logiciels libres pour la plupart des choses au niveau graphisme et vidéo, etc. Il y a quelques manques, mais en tout cas pour les logiciels qu’on a cités, tout ce qui est 2D, 3D, je pense qu’il y a de quoi faire. On peut être professionnel et il y a pas mal de professionnels déjà.

    Frédéric Couchet : On aura l’occasion sans doute de refaire une émission, je pense notamment avec notre graphiste à l’April, bénévole, Antoine Bardelli, qui lui-même, dans le domaine professionnel, utilise beaucoup de logiciels libres pour son travail. On aura sans doute l’occasion d’en discuter. C’est effectivement un point très intéressant et important de préciser qu’on peut utiliser ces logiciels libres qu’on a cités dans le monde professionnel. Après il peut y avoir des contraintes, mais on aura l’occasion d’en reparler dans une prochaine émission.
    En tout cas je vous remercie, Jehan et Lionel, d’avoir participé à cette émission.

    Lionel Allorge : De rien.

    Frédéric Couchet : Nous allons faire une petite pause musicale avant d’aborder le prochain sujet. Nous allons écouter Who's that kid? et on se retrouve juste après.

    Pause musicale : Who's that kid? par Defy the Mall.

    Voix off : Cause Commune 93.1.

    Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Who’s that kid? de Defy the Mall. La référence est sur le site de l’April et évidemment c’est sous licence libre.

    Nous allons aborder notre sujet suivant. Je vais bientôt passer la parole à mon collègue Étienne Gonnu. Nous avons avec nous au téléphone pour parler sur la proposition de directive droit d’auteur, Anne-Catherine Lorrain conseillère politique à la commission parlementaire des affaires juridiques au Parlement européen pour le groupe des Verts européens. Étienne et Anne-Catherine je vous passe la parole. À toi Étienne.

    Étienne Gonnu : Merci Fred. Je pense qu’on ne va pas rentrer dans les détails et présenter à nouveau la directive droit d’auteur, on en a déjà beaucoup parlé. Pour rappel nous on est vraiment très mobilisés contre l’article 13 qui entend, pour dire les choses simplement, imposer la mise en place de filtrages automatisés sur les plateformes de partage de contenus soumis au droit d’auteur. Pour nous c’est incompatible avec les valeurs qu’on défend. Le vote final sur ce texte, après toute la procédure – là on arrive sur la fin –, se profile le 26 ou le 27 mars normalement. Anne-Catherine pourrais-tu peut-être nous donner plus d’informations sur ce sujet, s’il te plaît ?

    Anne-Catherine Lorrain : Bonjour. Effectivement pour le moment le vote aura lieu en principe le mardi, c’est toujours ce qui est sur l’agenda de la plénière de la semaine prochaine, mais on fait en sorte que le vote soit décalé à mercredi, ne serait-ce que pour respecter un peu la logique des choses, parce qu’on a un vote sur un autre dossier copyright qui est ce règlement transformé en directive qu’on appelle SatCab, qui sera voté mercredi et qui a été conclu il y a déjà deux mois. Ce serait logique de garder les deux votes ensemble.

    Étienne Gonnu : D’accord.

    Anne-Catherine Lorrain : On ne sait pas encore. Il y aura une réunion de la conférence des présidents du Parlement jeudi, on en saura plus à ce moment-là.

    Étienne Gonnu : Entendu. On vous l’a dit souvent, l’enjeu pour nous de cette mobilisation est donc de faire comprendre aux parlementaires pourquoi on considère que ce texte est aussi dangereux et une partie extrêmement importante de cette mobilisation c’est de prendre contact avec ses parlementaires, idéalement en les appelant et ça peut être aussi par écrit ; en fait l’idéal c’est de faire les deux. Quel est ton sentiment peut-être au sein du Parlement européen, auprès des parlementaires européens ? On sait notamment que les parlementaires français en général sont plutôt en faveur, malheureusement, de la directive sauf le groupe Europe Écologie les Verts que tu conseilles politiquement. Quel est ton sentiment général ?

    Anne-Catherine Lorrain : Ce sera serré parce que vous vous rappelez, en septembre on était un peu dans la même situation où on avait gagné notre vote pour mettre en cause le mandat pour commencer les négociations en « trilogue » à l'époque, on l’avait gagné en juillet et ensuite en septembre on avait pu voter sur des amendements sur la proposition avant de commencer les « trilogues ».
    Au niveau de la procédure, aujourd’hui c’est le vote final sur le résultat final des négociations dites de « trilogue » entre la Commission, le Conseil et le Parlement. Donc on est un peu dans la même situation, sauf que ce qui est mieux, de notre perspective, c’est que la campagne publique a grandi, évidemment ça dépend des pays mais notamment en Allemagne qui est le pays d’origine de notre shadow rapporteur, Julia Reda, c’est devenu quelque chose de très présent.

    Étienne Gonnu : On a même vu des manifestations dans la rue ce qui est quand même, sur ce genre de sujet, pas anodin. C’est vrai que nous aussi on voit une campagne amplifiée, d’où l’importance aussi de participer, de donner encore plus corps et de profiter de cette mobilisation plus forte. Je pense qu’on a vraiment une ouverture, là, qui était peut-être plus difficile à anticiper il y a quelques mois. Là il y a une fenêtre de tir. En tout cas on peut renverser cette directive, ce n’est pas un espoir fou.

    Anne-Catherine Lorrain : Tout à fait. Là je sors d’une discussion de groupe avec la plupart des députés du groupe pour discuter des dossiers et de la stratégie d’ici la semaine prochaine. Évidemment toutes ces manifestations, surtout en Allemagne, rappellent ce qui s’est passé pour ACTA, pour TTIP. Le rapprochement est facile à faire, mais disons que tout ça a marqué les esprits dans les années précédentes donc les députés le considèrent.

    Étienne Gonnu : Super.

    Anne-Catherine Lorrain : C’est en prendre en compte.

    Étienne Gonnu : À une personne qui trouverait l’énergie, qui souhaiterait se mobiliser, qui souhaiterait contacter, appeler un de ces parlementaires – pour info d’ailleurs, on le répète, il y a la campagne SaveYourInternet, saveyourinternet.eu, bien sûr on vous mettra le lien, qui vous propose une liste avec les coordonnées des parlementaires – est-ce que tu as des conseils peut-être de fond, de forme, sur ces prises de contact pour motiver les personnes et faciliter cette démarche ?

    Anne-Catherine Lorrain : En tout cas je pense que beaucoup de gens ont déjà l’habitude et sont plus expérimentés que moi pour faire ça. Oui, c’est quelque chose qui est important. Tous les députés reçoivent beaucoup d'e-mails, mais un e-mail avec des bons arguments et assez court, sans trop de pièces jointes, c’est toujours utile pour leur bureau, pour les assistants en charge.

    Étienne Gonnu : Ils sont réceptifs, j’imagine, au fait de voir que les gens se mobilisent ?

    Anne-Catherine Lorrain : Pardon ?

    Étienne Gonnu : Ça a un impact, j'imagine. Ils sont réceptifs quand les gens se mobilisent, quand ils reçoivent…

    Anne-Catherine Lorrain : Oui, ils voient qu’il y a quelque chose qui se passe, ça c’est sûr. Mais effectivement, pour les députés de l’autre bord disons, pour la majorité du PPE [Parti populaire européen] en tout cas ceux qui soutiennent le rapporteur, ce genre de campagne a plutôt le don de les énerver si je puis dire, mais voir qu’il y a une mobilisation publique c’est important, bien sûr.

    Étienne Gonnu : Tu l’évoquais quand on avait échangé en amont de l’émission pour ceux qui vont suivre. Nous on va suivre le moment du vote. Suivre les votes au Parlement européen c’est quelque chose d’assez complexe. Tu voulais aborder assez rapidement parce que le temps file, le système des amendements, comment sont lus les amendements, comment ils sont déposés. Nous, notre but c’est que la directive soit rejetée afin qu’on puisse dans les meilleurs délais débattre à nouveau sur le vrai fond de ces questions qui sont éminemment complexes et auxquelles l’article 13 finalement n’apporte aucune réponse et à défaut un rejet de l’article 13. Peut-être pourrais-tu nous en dire deux mots s’il te plaît.

    Anne-Catherine Lorrain : Notre stratégie à nous ce n’est pas de rejeter la directive en bloc parce que si on rejette en bloc ça veut dire que ça s’arrête là. Comme tu dis, donner une nouvelle chance de débattre sur le fond, il faut que le mandat soit substantiellement changé pour redémarrer la discussion lorsque le nouveau Parlement prendra place au mois de juillet. C’est notre stratégie. Il y aura un amendement de rejet, forcément, qui sera déposé pas par nous, mais sans doute par d’autres groupes politiques. Ça ce sera voté en premier, de toute façon, un rejet du texte dans son entier. C’est une procédure de première lecture classique, ce qu’on appelle comme ça, rejet de première lecture sur le résultat du « trilogue » et automatiquement un délai pour amendement est ouvert. Le délai, en fait, est jusqu’à demain à 13 heures. Notre stratégie est de ne pas aller dans tous les sens, parce que quand on va dans tous les sens, on dépose des amendements partout, ça porte à confusion, le message ne passe pas et on se retrouve avec un texte qui n’a ni queue ni tête. Donc on va se concentrer sur des amendements de suppression des articles 11 et 13, donc l’article 13 que vous connaissez bien, tu l’as mentionné tout à l’heure, et l’article 11 c’est sur le droit des éditeurs de presse pour les usages en ligne, qu’on appelle aussi le ancillary copyright [en français droit voisin au droit d'auteur, NdT]

    Étienne Gonnu : Oui, ou link tax.

    Anne-Catherine Lorrain : Donc on propose de supprimer ces deux articles et de ne pas proposer d’amendements correctifs ou substantiels.

    Étienne Gonnu : Entendu. Très bien.

    Frédéric Couchet : Ce qui veut dire que pour les personnes qui vont contacter des parlementaires c’est la stratégie à soutenir : ce n’est pas forcément un rejet de la directive entière, mais c’est le vote de ces amendements de suppression de l'article 13 sur les outils de filtrage et de l’article 11 sur les droits voisins pour les éditeurs de presse.

    Anne-Catherine Lorrain : Voilà. C’est se débarrasser de ces deux articles nocifs, parce qu’il faut quand même prendre en compte le fait que pendant les négociations de « trilogue » on a réussi à obtenir certaines choses, un article nouveau sur les œuvres du domaine public, des exceptions qui prennent en compte les licences libres, des choses qui sont très positives au niveau de la rémunération des artistes. Il y a des choses qui sont moins bien, c’est sûr, mais tout n’est pas à jeter avec le bébé. Donc ce serait dommage de rejeter la directive parce que je le redis, ça s’arrête là. Il n’y aura plus rien avant je ne sais pas quand.
    Si on vote un texte amendé, ça veut dire qu’on demande au Conseil de faire une deuxième lecture avec le Parlement. Ça veut dire qu’il y a d’autres négociations « trilogue » qui vont commencer à partir du prochain Parlement, peut-être pas en juillet parce que, après les élections c’est en juillet que le nouveau Parlement commence à travailler, après l’été par exemple.

    Étienne Gonnu : Tout à fait. D’ailleurs c’est un point important. Comme il y a les élections, ça joue énormément aussi parce qu’on sait qu’ils peuvent être sensibles à la mobilisation.

    Anne-Catherine Lorrain : Pour la campagne oui.

    Étienne Gonnu : Il ne faut pas hésiter aussi à appuyer là-dessus. On va malheureusement arriver à la conclusion de notre point. Je rappelle juste que le 21 mars c’est la journée, une sorte de journée appel à mobilisation à un niveau européen. Il y aura peut-être notamment certaines pages Wikipédia dans certaines langues qui seront en black-out, c’est-à-dire fermées pour la journée ; certainement le site de l’April aussi pour marquer notre opposition au système de censure. Comme tu le dis, c’est vraiment le cœur du danger ces articles 11 et 13 et c’est vraiment contre ceux-là qu’il faut se mobiliser. Je te remercie vraiment Anne-Catherine pour toutes ces précisions et on continuera à se battre contre ces articles jusqu’au bout. Merci beaucoup.

    Frédéric Couchet : Merci Anne-Catherine et bon courage.

    Anne-Catherine Lorrain : Avec plaisir. Merci. Au revoir.

    Frédéric Couchet : Petit jingle musical avant les dernières annonces.

    Jingle musical basé sur Sometimes par Jahzzar.

    Frédéric Couchet : J’ai un lot d’annonces que je vais faire assez rapidement avant le démarrage du générique.

    On vient de parler de la campagne contre l’article 13. Sur le site de l’April, april.org, vous retrouvez des références ; sur saveyourinternet.eu également ; vous avez aussi pledge2019.eu.
    En parallèle, la semaine dernière, nous avons parlé de la campagne contre la proposition de règlement terroriste/ censure sécuritaire. Là le site de référence c’est laquadrature.net. Eh oui, ça se passe encore au niveau du Parlement européen.

    Côté annonces, plutôt positives ce coup-ci. Le Libre en Fête 2019 se poursuit jusqu’au 7 avril, le site c’est libre-en-fete.net. Il y a plus de 200 événements qui sont référencés sur le site.
    La semaine dernière nous avons eu un échange avec Louis-David Benyayer pour la soirée Fund The Code!, donc financez le logiciel libre, découvrez les projets libres et soutenez-les gratuitement via des sponsorings d’entreprises qui se sont engagées. La soirée c’est ce soir, mardi 19 mars, de 19 heures à 22 heures 30 au Liberté Living Lab, 9 rue d’Alexandrie à Paris dans le 2e arrondissement. Les soirées Fund The Code! permettent à chacun de découvrir des projets libres et de les soutenir financièrement.
    Jeudi soir à la FPH à Paris, dans le 11e, il y a la soirée de contribution au Libre, c’est toutes les semaines et cette semaine il y a aura la réunion du groupe de travail Sensibilisation de l’April dont Marie-Odile a parlé dans sa chronique avec notamment son animatrice Isabella Vanni. L’accueil est à partir de 18 heures 30.
    Pour les personnes qui sont à Montpellier il y a un apéro April le même soir, donc à Montpellier jeudi 21 mars.

    Ce week-end il y a un événement important pour l’April car nous avons samedi notre assemblée générale. Je rappelle pour les membres de l’April que vous pouvez toujours voter, envoyer une procuration ou venir sur place à l’Université Paris 8 pour assister à l’assemblée générale qui commencera à 14 heures, l’accueil se faisant à 13 heures 30. Et le dimanche, à la FPH dans le 11e arrondissement de Paris, il y aura une journée ouverte à toute personne intéressée ; ce seront des ateliers en petits groupes, des discussions diverses. Je sais que le matin il y a par exemple une réunion du groupe de travail Libre Association. Il y aura sans doute des choses autour de la sensibilisation. C’est donc de 9 heures, à peu près, à 18 heures, le dimanche à la FPH. Venez nous voir même si vous n’êtes pas membre de l’April ou si vous n’êtes pas encore membre de l’April.

    Pour tous les autres événements vous allez sur le site cité par Lionel Allorge tout à l’heure, le fameux site agendadulibre.org, sur lequel vous retrouvez les événements mais aussi un annuaire des groupes d’utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres, pour vous permettre de découvrir Blender, GIMP, Inkscape, Krita ou tout autre logiciel dont on a parlé tout à l’heure.

    Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé aujourd’hui à l’émission donc Marie-Odile Morandi, Lionel Allorge, Jehan Pagès, Étienne Gonnu, Patrick Creusot et Anne-Catherine Lorrain évidemment par téléphone.

    Vous trouverez sur le site de l’April, april.org, une page avec les références ; nous allons la mettre à jour avec les références qui ont été citées au cours de l’émission.
    La prochaine émission aura lieu mardi 26 avril 2019 à 15 heures 30, notre sujet principal devrait vous intéresser. Pardon ?

    Étienne Gonnu : 26 mars.

    Frédéric Couchet : 26 mars. J’ai dit quoi ? Avril ! Non, non 26 mars, nous sommes en hebdomadaire nous ne sommes pas en mensuel, nous sommes en hebdomadaire, donc le 26 mars à 15 heures 30. Notre sujet principal portera sur les civic techs et le logiciel libre. On reviendra notamment sur l’importance du logiciel libre pour les outils dans le cadre du grand débat, du vrai débat, enfin de tous les débats qui peuvent avoir lieu. Ce sera la semaine prochaine.
    Nous vous souhaitons de passer une belle journée. On se retrouve mardi prochain et d’ici là portez-vous bien.

    Générique de fin d'émission : Wesh Tone par Realaze.

    Réunion du groupe de travail Sensibilisation de l'April le 18 avril 2019 à la FPH (Paris 11e) - accueil à partir de 18 h 30

    ven, 03/29/2019 - 18:17
    Début: 18 Avril 2019 - 18:30Fin: 18 Avril 2019 - 18:30 Le groupe de travail Sensibilisation ?

    L'objectif du groupe de travail Sensibilisation de l'April est la production d'outils de communication pour sensibiliser un plus large public aux enjeux du logiciel libre et des formats ouverts. Toutes nos ressources sont publiées sous licence libre, ainsi toute personne ou structure souhaitant sensibiliser au logiciel libre autour de soi peut les utiliser, les modifier et les partager librement.

    Quand et quoi ?

    Le groupe de travail Sensibilisation de l'April se réunit chaque 3ème jeudi du mois à la Fondation pour le Progrès de l'Homme (Paris 11e), à l'occasion de la Soirée de contribution au Libre organisée par Parinux.

    La prochaine réunion du groupe de travail Sensibilisation aura lieu le jeudi 18 avril 2019. Horaires : de 18h45 à 20h30 (accueil à partir de 18h30). Adresse : FPH-Fondation pour le Progrès de l'Homme, 38 rue Saint-Sabin, Paris 11e. Arrêts de métro : Chemin Vert (ligne 8) et Bréguet-Sabin (ligne 5).

    Pour tous les détails et vous inscrire, rendez-vous sur le pad.

    Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (2 avril 2019) - Les GULL - Pétites libres - Le Libre fait sa comm'

    ven, 03/29/2019 - 11:16
    Début: 2 Avril 2019 - 15:30Fin: 2 Avril 2019 - 17:00

    (Ré)-écouter en ligne--> Lire la transcription

    -->

    La dix-neuvième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 2 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Et l'émission sera rediffusée le soir même de 21 h à 22 h 30.

    Notre sujet principal portera sur les groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres avec Magali Garnero pour Parinux, Didier Clermonté pour Liness et Romain Volpi pour l'ALDIL. Nous aurons également les chroniques de Jean-Christophe Becquet (« Pépites libres ») et d'Isabella Vanni (« Le libre fait sa comm' »).

    Écouter le direct mardi 2 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

    Les ambitions de l'émission Libre à vous !

    La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

    Liens utiles Les archives de l'émission

    Écouter les émissions précédentes

    L'April publie son rapport d'activité 2018

    ven, 03/29/2019 - 10:11

    L'April publie son rapport d'activité 2018 (75 pages) et vous invite à le consulter en ligne ou en version PDF.

    Depuis 1996, l'April est animée par une ambition : « logiciel libre, société libre ». Soutenue notamment par les contributions de ses membres et les dons, l'April mène un important travail de défense et de promotion du logiciel libre. À l'heure où le Libre obtient une reconnaissance certaine nous devons redoubler d'efforts pour que les principes essentiels du logiciel libre ne se dissolvent pas dans les effets de mode et le pragmatisme indifférents à l'éthique du Libre. La menace sur nos libertés s'est globalement aggravée. L'engagement en faveur du Logiciel Libre est donc plus que jamais d'une importance fondamentale.

    En 2018, nous avons activement participé à la mobilisation contre le projet de directive européenne sur le droit d'auteur, notamment contre l'article 13 qui pouvait affecter les plateformes de développement logiciel. Si une exclusion de ces plateformes a bien été acquise, l'April est restée fortement mobilisée étant donné la menace globale pour les libertés en ligne. Malheureusement, malgré une incroyable mobilisation citoyenne le Parlement européen a validé la généralisation de la censure automatisée mardi 26 mars 2019. Nous avons également poursuivi notre travail d'enquête et de sensibilisation sur le dossier « Open Bar » entre Microsoft et le ministère des Armées. Notre travail a porté ses fruits, en particulier avec la diffusion d'un documentaire en Allemagne, un article dans les Dossiers du Canard enchaîné. Grâce à notre action, les logiciels libres sont de mieux en mieux pris en compte par le ministère des Finances dans le cadre de la réglementation des systèmes de caisse.

    Notre groupe de travail Libre Association a permis la mise à disposition d'un Cerfa universel pour les demandes de subvention des associations sur le site officiel de l'administration française. De plus les réflexions ont avancé concernant le développement d'un logiciel libre de gestion de la valorisation du bénévolat et sur l'usage des logiciels libres en milieu associatif ont avancé. En 2018, le site de l'Expolibre a été traduit en espagnol et mis en ligne ainsi que la version PDF espagnole. L'Expolibre a été présente à plusieurs événements. L'April a fait partie du comité d'orientation et du jury pour l'attribution des labels « Territoire Numérique Libre » de l'Adullact. Label qui a pour objectif de mettre en valeur l’utilisation des logiciels et systèmes d’exploitation Libres au sein des collectivités territoriales.

    Les membres de notre groupe de travail Trad GNU assurent les traductions en français du site du projet GNU et de la lettre d'information mensuelle publiée par la Fondation pour le Logiciel Libre. Près de 72 heures de vidéos et d’émissions de radio ont été transcrites. Un total de 116 transcriptions relues, finalisées et publiées au cours de l'année 2018. Plus de 2 000 événements ont été référencés sur le site de l'Agenda du Libre, dont nous assurons la gestion. Près de 190 événements ont été répertoriés dans le cadre du Libre en Fête 2018. Nous avons participé à une vingtaine d'événements.

    L'April proposait déjà différents services en ligne, libres et loyaux, à ses membres. Elle a cependant souhaité aller plus loin en proposant certains services à un public plus vaste. C'est ainsi que l'April a décidé de participer au collectif CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) de Framasoft. Les premiers services (instance Mastodon, rédaction collaborative de textes en ligne, planification de rendez-vous, échanges de texte de manière sécurisée) de notre Chapril sont disponibles. N'hésitez pas à tester et utiliser ces services.

    En 2018, nous avons démarré une nouvelle action importante pour la promotion et la défense des libertés informatiques : depuis mai 2018, nous animons une émission de radio mensuelle sur Cause Commune (91.3 sur la bande FM en Île-de-France et sur le site web de la radio). Libre à vous ! est une émission d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'April traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. Pour pouvoir traiter encore plus de sujets et être réactif par rapport à l’actualité l'émission est devenue hebdomadaire en janvier 2019.

    En 2019, nous continuerons de mener nos actions de sensibilisation avec énergie et détermination. Il est plus que jamais nécessaire de faire connaître les enjeux du Libre et d’encourager la mise en place d'une politique publique en faveur du logiciel libre et des formats ouverts. Nous redoublerons de vigilance pour dénoncer et pour empêcher autant que faire se peut toute nouvelle atteinte au logiciel libre et aux libertés informatiques, pour garantir la sécurité de développement du logiciel libre.

    Un grand merci aux membres de l'April, à l'équipe salariée, à nos soutiens qui nous permettent d'avoir une association vivante et active pour la promotion et la défense du Logiciel Libre.

    L'April sera ce que vous et nous en ferons. Pour mener ses actions, l'April a besoin de votre soutien. Vous pouvez soutenir le logiciel libre et les actions de l'April en faisant un don maintenant ou en adhérant maintenant à l'April.

    Ensemble, continuons à développer l'informatique libre !

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    Benjamin Sonntag sur France Info à propos du vote sur la directive droit d'auteur

    jeu, 03/28/2019 - 13:15


    Titre : Benjamin Sonntag sur France Info à propos du vote sur la directive droit d'auteur
    Intervenants : Benjamin Sonntag - Journaliste
    Lieu : France Info
    Date : 26 mars 2019
    Durée : 4 min
    Écouter l'entretien
    Licence de la transcription : Verbatim
    Illustration : Image Annie Spratt publiée sur le site de La Quadrature - Licence Creative Commons BY-SA 4.0.
    NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
    Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

    Transcription

    Journaliste : Benjamin Sonntag est en ligne avec nous. Bonjour.

    Benjamin Sonntag : Bonjour.

    Journaliste : Vous êtes l’un des membres fondateurs de La Quadrature du Net1. Vous êtes inquiet du mode de cette directive, de cette réforme ?

    Benjamin Sonntag : Tout à fait. On est inquiets pour plusieurs raisons. La première c’est que ces réformes du droit d’auteur n’ont jamais favorisé les auteurs, elles ont toujours favorisé ce qu’on appelle les ayants droit, c’est-à-dire l’industrie. On parle de gros industriels qui gèrent des pools d’artistes un peu comme du bétail ; ces directives n’ont jamais favorisé les artistes.

    Journaliste : Mais les ayants droit sont aussi les auteurs eux-mêmes et les proches des auteurs, les familles, non ?

    Benjamin Sonntag : Non, non ! Ça c’est ce que croit le public. Ces ayants droit ayant énormément de fonds à leur disposition, ils produisent un lobbying extrêmement intense et la France est extrêmement touchée par ça. Donc on voit des députés copier-coller tels quels des arguments et des amendements, des articles mêmes de décrets produits par la Sacem, par les ayants droit, par Vivendi ou par d’autres boîtes de ce genre, mais ça n’a jamais aidé les auteurs.

    Journaliste : Pardon. Il faut rester un peu sur ce point parce que c’est important. Quand on achète un disque dans le commerce, l’argent qui est ensuite réparti par la Sacem va aux ayants droit et notamment aux auteurs, aux artistes ; on est d’accord ?

    Benjamin Sonntag : Tout à fait. Ça va aux auteurs avec des ratios qui sont souvent très faibles et les auteurs n’ont jamais gagné à ce que les lois soient plus dures sur l’accès à leurs œuvres.

    Journaliste : D’accord. Donc là sur le Net, en attendant, ils ne touchent rien du tout, c’est ça ?

    Benjamin Sonntag : Non ! Ils ne touchent pas rien du tout. Il y a énormément de plateformes qui existent. Nous on a toujours défendu une vision du droit d’auteur où il y aurait des systèmes de redistribution qui permettent aux auteurs de mieux vivre de leurs œuvres. On en parlait déjà à l’époque d’HADOPI, il y avait des gros débats là-dessus et on constate que l’opinion est vraiment très touchée par le lobbying massif de ces ayants droit. On entendait par exemple hier monsieur Cavada dire qu’il y avait des manifestants et qu’ils étaient payés par les GAFAM ; on aimerait bien qu’il montre des preuves de cela, parce que ce lobbying-là quand il commence à mentir ça devient grave en termes de respect du citoyen, vous voyez.

    Journaliste : D’accord. Sur le fond de l’affaire vous dites la liberté du Net et le respect du droit d’auteur ça n’est pas incompatible, on pourrait trouver des systèmes qui combinent les deux.

    Benjamin Sonntag : Ça n’est pas du tout incompatible. On peut trouver des systèmes, on pourrait trouver des systèmes qui combinent les deux.

    Journaliste : C’est quoi ? La licence globale2, par exemple, ce fameux système dont on parlait à l’époque ?

    Benjamin Sonntag : Par exemple des systèmes de licence globale qu’on a toujours appelés de nos vœux mais qui n’arrangent pas les ayants droit parce qu’ils perdraient un peu le contrôle sur la répartition pour eux des œuvres, des droits touchés, et ça ne les arrange pas. Cela dit, le principal problème qui nous touche c’est en effet l’automatisation de la censure ; je voudrais insister là-dessus, si je peux me permettre, parce qu’on n’en a pas parlé.

    Journaliste : Allez-y.

    Benjamin Sonntag : Le problème c’est qu’aujourd’hui, en imposant aux grandes plateformes de mettre des systèmes de blocage et de censure automatisés, on met en place des infrastructures de censure au cœur du réseau de l’Internet.

    Journaliste : C’est-à-dire que la création, la créativité va en souffrir ?

    Benjamin Sonntag : Tout à fait. Quand bien même il y a un droit, par exemple il y a le domaine public qui est là, il y a le droit au pastiche, le droit à l’ironie, tout un tas de droits, le droit de citation qui peuvent s’appliquer, les systèmes automatiques de censure ne sont pas du tout prêts à comprendre ces concepts-là, donc il n’y a aucune défense possible face à un ordinateur. Combien de fois l’un ou l’autre d’entre nous, nous sommes retrouvés face à un ordinateur avec quelqu’un qui nous dit : « C’est la faute de l’ordinateur ». Eh bien c’est ce qui va se passer sur ces grosses plateformes. Et quand bien même la loi, la directive européenne actuellement votée ne s’applique qu’aux grosses plateformes, à la Quadrature du Net et tous les activistes qui parlent et qui connaissent le système législatif vous le diront il y a ce qu’on appelle le mission creep, c’est-à-dire le fait qu’une loi qui s’applique à un ensemble d’individus ou de sociétés données à un instant t finit toujours par s’appliquer à tout le monde. Donc nous, on craint vraiment cette extension du domaine de la censure des grandes plateformes vers des systèmes plus petits ou des sociétés de plus petite taille, même vers des individus isolés.

    Journaliste : Bien. Merci beaucoup pour ces explications Benjamin Sonntag, membre fondateur de La Quadrature du Net.

    Le Parlement européen valide la généralisation de la censure automatisée

    mer, 03/27/2019 - 10:55


    Mardi 26 mars 2019, journée noire pour les libertés sur Internet et pour tous ceux et celles qui agissent au quotidien pour promouvoir un Internet libre et ouvert, neutre et acentré, donc contre l'emprise technologique des GAFAM. 348 parlementaires européens (contre 274) ont adopté la généralisation du filtrage automatisé des contenus mis en ligne. Le coup est dur mais l'April restera mobilisée pour la transposition future du texte en droit national et pour la probable révision à venir de la directive E-commerce, dont les principes structurants ont été profondément mis à mal par la directive droit d'auteur.

    Malgré une incroyable mobilisation citoyenne et des prises de position argumentées toujours plus nombreuses issues de milieux très divers — culturel, technique, juridique, associatif comme institutionnel — les eurodéputés ont finalement approuvé la version issue des négociations inter-institutionnelles et portée par le rapporteur Axel Voss.

    Des amendements de suppression de l'article 13, devenu article 17, avaient bien été déposés, mais 317 parlementaires (contre 312) ont jugé qu'il n'y avait pas lieu de les soumettre aux votes malgré les désaccords profonds entourant la disposition. La procédure prévoit en effet qu'avant de voter d'éventuels amendements, les parlementaires doivent d'abord valider le fait d'amender le texte.

    La liste des votes nominatifs est disponible (en PDF) pour les deux votes : celui de refus d'amendements et sur la directive elle même. On notera à regret que seulement deux parlementaires coté français ont voté contre la directive droit d'auteur dont un article institutionnalise pourtant la censure automatisée : Younous Omarjee et Marie-Christine Vergiat du groupe GUE/NGL. Un grand merci à elle et à lui ! L'ensemble de leurs collègues ont voté favorablement ou se sont abstenus.

    Par ailleurs, dans les votes comptabilisés, ils ne sont que trois français et française parmi les 312 parlementaires à avoir voté pour la tenue d'un vote sur l'article 13. Sur ce même vote, parmi les 24 abstentionnistes, quatre sont français. Précisons que des « corrections d'intention de vote » ont été signalés ensuite (voir page 51) les corrections font qu'il y aurait normalement du avoir une majorité pour que les amendements de suppression de l'article 13 soient soumis au vote. Deux parlementaires françaises ont indiqué avoir en fait voulu voter en faveur de l'étude des amendements alors que leur vote a été comptabilisé comme une abstention.

    Nous n'oublierons pas les parlementaires qui ont jugé acceptable de confier l'application du droit d'auteur et la protection(sic !) de la liberté d'expression à des systèmes automatisés gérés par des entités de droit privé. Les positions des parlementaires français et françaises sont détaillées en bas de page.

    Si l'exclusion des plateformes de développement et de partage de logiciels libres a été actée, article 2 (6), il n'est évidement pas question de s'en satisfaire tant le texte est contraire aux valeurs du logiciel libre.

    L'April restera bien sûr mobilisée et remercie toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre ce texte liberticide.

    Vote des parlementaires français et françaises Vote sur la directive
    • Pour : Michèle ALLIOT-MARIE, Eric ANDRIEU, Jean ARTHUIS, Guillaume BALAS, Nicolas BAY, Pervenche BERÈS, Joëlle BERGERON, Dominique BILDE, Marie-Christine BOUTONNET, José BOVÉ, Steeve BRIOIS, Alain CADEC, Jean-Marie CAVADA, Aymeric CHAUPRADE, Jacques COLOMBIER, Thierry CORNILLET, Arnaud DANJEAN, Michel DANTIN, Rachida DATI, Angélique DELAHAYE, Geoffroy DIDIER, Mireille D'ORNANO, Karine GLOANEC MAURIN, Sylvie GODDYN, Bruno GOLLNISCH, Françoise GROSSETÊTE, Sylvie GUILLAUME, Brice HORTEFEUX, Jean-François JALKH, France JAMET, Marc JOULAUD, Philippe JUVIN, Patricia LALONDE, Alain LAMASSOURE, Jérôme LAVRILLEUX, Gilles LEBRETON, Christelle LECHEVALIER, Patrick LE HYARIC, Philippe LOISEAU, Louis-Joseph MANSCOUR, Dominique MARTIN, Edouard MARTIN, Emmanuel MAUREL, Joëlle MÉLIN, Bernard MONOT, Sophie MONTEL, Nadine MORANO, Elisabeth MORIN-CHARTIER, Renaud MUSELIER, Vincent PEILLON, Franck PROUST, Christine REVAULT D'ALLONNES BONNEFOY, Dominique RIQUET, Robert ROCHEFORT, Virginie ROZIÈRE, Tokia SAÏFI, Anne SANDER, Jean-Luc SCHAFFHAUSER, Isabelle THOMAS, Mylène TROSZCZYNSKI, Marie-Pierre VIEU
    • Absention : Karima DELLI, Yannick JADOT, Eva JOLY, Michèle RIVASI
    • Contre : Younous OMARJEE, Marie-Christine VERGIAT
    Vote pour la tenue d'un vote sur l'article 13
    • Pour : Younous OMARJEE, Marie-Christine VERGIAT, Bruno GOLLNISCH
    • Absention : Karima DELLI, Yannick JADOT, Eva JOLY, Michèle RIVASI. Note : Eva Joly et Michèle Rivasi ont indiqué unecorrection d'intention de vote, elles voulaient votre Pour
    • Contre : Michèle ALLIOT-MARIE, Eric ANDRIEU, Jean ARTHUIS, Guillaume BALAS, Nicolas BAY, Pervenche BERÈS, Joëlle BERGERON, Dominique BILDE, Marie-Christine BOUTONNET, José BOVÉ, Steeve BRIOIS, Alain CADEC, Jean-Marie CAVADA, Aymeric CHAUPRADE, Jacques COLOMBIER, Thierry CORNILLET, Arnaud DANJEAN, Michel DANTIN, Rachida DATI, Angélique DELAHAYE, Geoffroy DIDIER, Mireille D'ORNANO, Karine GLOANEC MAURIN, Sylvie GODDYN, Françoise GROSSETÊTE, Sylvie GUILLAUME, Brice HORTEFEUX, Jean-François JALKH, France JAMET, Marc JOULAUD, Philippe JUVIN, Patricia LALONDE, Alain LAMASSOURE, Jérôme LAVRILLEUX, Gilles LEBRETON, Christelle LECHEVALIER, Patrick LE HYARIC, Philippe LOISEAU, Louis-Joseph MANSCOUR, Dominique MARTIN, Edouard MARTIN, Emmanuel MAUREL, Joëlle MÉLIN, Bernard MONOT, Sophie MONTEL, Nadine MORANO, Elisabeth MORIN-CHARTIER, Renaud MUSELIER, Vincent PEILLON, Franck PROUST, Christine REVAULT D'ALLONNES BONNEFOY, Dominique RIQUET, Robert ROCHEFORT, Virginie ROZIÈRE, Tokia SAÏFI, Anne SANDER, Jean-Luc SCHAFFHAUSER, Isabelle THOMAS, Mylène TROSZCZYNSKI, Marie-Pierre VIEU

    Les 30 ans du Web - Décryptualité du 18 Mars 2019

    mer, 03/27/2019 - 08:52


    Titre : Décryptualité du 18 Mars 2019 - Les 30 ans du Web
    Intervenants : Manu - Luc
    Lieu : April - Studio d'enregistrement
    Date : 18 mars 2019
    Durée : 15 min
    Écouter ou télécharger le podcast
    Revue de presse pour la semaine 11 de l'année 2019
    Licence de la transcription : Verbatim
    Illustration : Logo historique du WWW, créé par Robert Cailliau, Wikimedia Commons - Domaine public
    NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
    Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

    Description

    Le Web a 30 ans. C'est quoi le Web ? Est-ce que c'était mieux avant ?

    Transcription

    Luc : Décryptualité.

    Voix off de Nico : Le podcast qui décrypte l’actualité des libertés numériques.

    Luc : Semaine 11. Salut Manu.

    Manu : Salut Luc.

    Luc : Nous ne sommes encore que tous les deux cette semaine.

    Manu : Eh oui, donc va faire un sujet de vieux cons puisqu’on est deux.

    Luc : Eh oui ! Avant ça le sommaire.

    Manu : On a sept articles cette semaine.

    Luc : Le Telegramme, « Défis. Une association avec plusieurs missions », un article de la rédaction.

    Manu : C’est une association qui présente le logiciel libre. Il y en a plein qu’on connaît.

    Luc : On appelle ça un GULL.

    Manu : Un GULL effectivement, un groupe d’utilisateurs de logiciels libres

    Luc : Le genre de travail de terrain qui fait la différence. Bravo !

    Manu : Donc ils ont un joli article.

    Luc : ZDNet France, « Une vulnérabilité découverte dans le système de vote suisse pouvait modifier l’issue du vote », un article de Catalin Cimpanu.

    Manu : C’est du vote électronique et ce n’est pas un nouveau sujet chez nous, on en a déjà parlé, notamment parce que en Suisse ils utilisent du logiciel privateur, c’est rageant. Malgré le fait qu’ils étaient à peu près sûrs que c’était très sécurisé, ils ont demandé de faire des tests sur ce logiciel. Il se révèle qu’il y avait des failles. Oh ! Comme c’est bizarre. C’était difficile à utiliser vraisemblablement mais c’était quand même une grosse faille, ils vont la corriger ! Juste ce serait mieux si c’était en logiciel libre. Ce serait moins pire !

    Luc : L'OBS, « Et si l’Europe défendait sa souveraineté numérique face aux Gafa ? », un article de Thierry Noisette.

    Manu : C’est le gros sujet. Il faut taxer, il faut bloquer, il faut s’assurer que les GAFA arrêtent d’embêter les citoyens et les institutions aussi, parce que ce n’est pas pratique. Il y a pas mal de sujets là-dessus et je pense qu’on en reparlera dans les jours qui viennent.

    Luc : On en a déjà beaucoup parlé ces dernières semaines.

    Manu : On en a pas mal parlé.

    Luc : Reporterre, le quotidien de l’écologie, « Amers, déçus, enthousiastes… vos avis sur le "grand débat national" », un article de la rédaction.

    Manu : Le grand débat qui utilise du logiciel privateur donc on n’est pas enchantés de ça, mais qui a beaucoup fonctionné.

    Luc : Pour compiler des millions de réponses. Le reflet qu’on aura de ces contributions sera celui donné par le logiciel donc l’enjeu est important.
    Next INpact, « Directive Droit d’auteur : notre schéma pour comprendre l’article 13 », un article de Marc Rees.

    Manu : L’article 13, il y aussi le 11, même si ça évolue ce sont des choses qui veulent contrôler le droit d’auteur en Europe, sur Internet notamment.

    Luc : Et surtout la question des gros sous !

    Manu : Carrément, avec Google, c’est en gros une taxe Google qu’ils sont en train de mettre en œuvre sous une autre forme. Donc c’est très compliqué, tellement compliqué que Next INpact a fait un petit schéma pour essayer de dépatouiller tout ça ; c’est le bordel, on n’aime pas. Donc on se bat contre ça.

    Luc : L'ADN, « 30 ans du Web : le revenge porn et les cyberattaques ne sont pas nouveaux », un article de Marine Protais.

    Manu : On en reparle juste après.

    Luc : Oui. El Watan, « L’ESS est une économie du réel et de plus équitable », un article de la rédaction.

    Manu : Ça parle d’un fondateur d’une institution, Forum international des dirigeants de l’économie sociale et solidaire. Il y a pas mal de choses intéressantes parce que l’économie et le logiciel libre il y a des choses, je crois qu’il y a des livres, il y a des discussions qui sont autour de tout ça. Un certain nombre de choses à creuser, notamment si vous êtes dans l’économie sociale et solidaire.

    Luc : Très bien. En plus de ça, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un article d’Afrique du Nord. C’est cool.

    Manu : Oui. Ce n’est pas mal. On revient sur le sujet.

    Luc : Les 30 ans du Web, ce n’est quand même pas rien !

    Manu : Exactement. C’est un truc considérable ; il y a pas mal d’articles cette semaine, il y en avait déjà la semaine dernière, il y en aura peut-être encore la semaine prochaine, parce que 30 ans du Web c’est important.

    Luc : Le père fondateur du Web c’est Tim Berners-Lee1.

    Manu : Sire, sir, lord.

    Luc : Lord. Donc il a été « lordifié » en Grande-Bretagne puisque c’est un Britannique.

    Manu :  »Anoblisé », « anoblisation », ou ?

    Luc : Anobli.

    Manu : Anobli, c’est bien aussi.

    Luc : Bon ! Bref ! Désormais il en est, donc c’est lui le créateur du Web.

    Manu : Un chercheur au CERN à l’époque et effectivement il avait besoin d’échanger des documents avec des confrères notamment et il a inventé tout un protocole et une manière de l’utiliser. Ça date des années 90.

    Luc : Le Web ça n’est pas Internet.

    Manu : Il y a un article qui en parle, le fait que le Web n’est pas Internet mais qu’il a avalé Internet. Internet c’est quelque chose de plus conséquent. Ça date de plus d’années, notamment ce sont les militaires et les universitaires américains qui l’ont inventé avec Arpanet à l’origine, qui reliait les universités entre elles et qui avait pour but de résister à des attaques nucléaires notamment.

    Luc : Arpanet2.

    Manu : Arpanet. Arpanet, oui. Internet c’est un réseau de réseaux. C’est juste des mises en relation entre elles et ce sont plusieurs protocoles, plusieurs systèmes qui peuvent discuter entre eux. On peut en parler rapidement. Il y avait des choses comme le BBS, les Usenet3, il y avait plein de protocoles de mail qui fonctionnaient très bien sur Internet.

    Luc : Et qui fonctionnent toujours !

    Manu : Et qui fonctionnent toujours.

    Luc : Et tout cas pour le mail, ça marche encore toujours pas mal.

    Manu : Du feu de dieu.

    Luc : Les BBS c’était des messageries en cascade sur un principe hiérarchique de partage d'infos.

    Manu : Usenet c’était sur le même modèle il y avait des protocoles dédiés à faire du Usenet.

    Luc : Tout à fait.

    Manu : Dans son abonnement il fallait un abonnement avec Usenet.

    Luc : Avant c’était le cas. Les abonnements étaient fournis avec, ce n’est plus trop le cas maintenant, ce qui veut dire qu’on n’a pas d’abonnement à Internet aujourd’hui.

    Manu : On n’a pas cette partie-là d’Internet qui était une partie considérable à l’époque.

    Luc : Il y a d’autres protocoles comme le FTP4 qui permet de télécharger des fichiers sur un serveur distant ou des choses comme ça. Ce sont souvent aujourd’hui des trucs assez techniques.

    Manu : Oui. C’est souvent ça la limite, c’est qu’il faut un logiciel spécial, souvent, pour utiliser un protocole spécial et finalement le protocole qu’on utilise le plus aujourd’hui, ou en tout cas qu’on connaît ou qu’on reconnaît le plus, c’est celui que souvent on associe avec www.

    Luc : Ça sert à quoi ces trois « w » qu’on met devant les adresses ?

    Manu : C’est plus une convention qu’autre chose. C’est pour indiquer qu’on est en train d’accéder à un serveur web donc à une page, en général en fait en HTML5, qui va être affichée dans un navigateur web, le premier étant ?

    Luc : Je ne sais plus !

    Manu : Tu ne sais plus ! Ah !

    Luc : Netscape ? Non, il y en a eus avant.

    Manu : Juste avant Netscape, il y en avait un qui s’appelait Mosaic.

    Luc : Mosaic, c’est ça. Et en plus je l’ai utilisé, mais on garde la partie vieux cons pour tout à l’heure !

    Manu : Donc le Web6 permet d’accéder à des serveurs, on met www ou pas, parce que finalement ce n’est pas une nécessité ; ça permet de partitionner et d’utiliser plusieurs serveurs par exemple. Donc on peut avoir un triple « w » 1, un triple « w » 2 ou autre chose, des sous domaines d’une manière ou d’une autre.

    Luc : En gros c’est une façon de découper le serveur vers lequel on se connecte quand on va sur Internet.

    Manu : Exactement. Mais quand on a petit serveur ce n’est pas vraiment nécessaire. Quand on a un petit service, on n’en a pas besoin aujourd’hui.

    Luc : Et aujourd’hui tout ça c’est complètement obsolète, il n’y a plus besoin de mettre les 3 « w » dans les adresses.

    Manu : Ce n’est plus nécessaire. De la même manière le HTTP qui est la partie plus protocole ou HTTPS [HyperText Transfer Protocol Secure], là aussi si on ne le met pas ça peut souvent être complété par son navigateur ou c’est caché par le navigateur dans certains autres cas. Mais ça c’est pour aider parce que, ça n’empêche, c’est bien présent, c’est toujours là en fin de compte en arrière plan.

    Luc : Le Web c’est ce qui s’affiche dans le navigateur, ce sont ces pages avec des liens qu’on peut cliquer, des images, toute une série de choses.

    Manu : Donc le Web a mangé Internet parce que, avec son navigateur, on peut faire d’autres protocoles.

    Luc : Tout à fait et faire plein de choses. Typiquement le webmail ça veut dire qu’on a dans un navigateur web son mail alors qu’on peut avoir également des applications, ce qu’on avait initialement, qui existe toujours.

    Manu : Ça marche aussi avec les transferts de fichiers.

    Luc : Voilà, le FTP. On a des applications qui ne font que ça et puis on peut avoir des applis à l’intérieur d’un navigateur.

    Manu : On peut faire du chat sur le Web.

    Luc : Tout à fait, alors qu’avant on avait IRC [Internet Relay Chat] qui existe encore avec des applications encore une fois tout à fait spécialisées.

    Manu : Globalement tout a été mangé, c’est-à-dire que tout peut fonctionner dans le Web mais le Web n’est pas Internet et Internet n’est pas le Web. L’un contient l’autre.

    Luc : Mais le Web est important parce que c’est lui qui a vraiment marqué le démarrage de son succès public puisque les premiers protocoles d’Internet sont arrivés très tôt dans les années 80, même 70, et le Web c’est un truc qui a marqué l’époque et vraiment c’est devenu concret pour les gens. Laurent Chemla qui est un des pionniers d’Internet en France a écrit il y a fort longtemps un bouquin qui s’appelle Je suis un voleur [Confessions d'un voleur : Internet, la liberté confisquée]. Dedans il avait expliqué qu’il était fasciné par Internet depuis un bon un moment et que tout le monde s’en foutait royalement parce que c’était des trucs techniques, etc.

    Manu : Des trucs de geeks.

    Luc : Quand le Web est arrivé et que les gens ont dit : « Ah ! Mais il y a des images ! » alors soudain c’est devenu absolument passionnant et lui était toujours un petit peu consterné en disant « mais je vous le dis depuis des années ». Il a fallu que les images arrivent sur l’écran pour que ça devienne intéressant.

    Manu : Petit détail, c’était des images de chatons bien sûr.

    Luc : Oui, oui !

    Manu : Parce que je ne vois pas ce qui pourrait commencer à attirer l’attention, surtout au début d’un nouveau média !

    Luc : Il faut bien admettre que la pornographie a été quand même un truc qui a lancé le truc, en tout cas a généré de l’intérêt ; mais il n'y a pas que ça, il y a plein de choses. Avant, les pages internet, on y accédait avec un modem RTC [Réseau téléphonique commuté], donc un machin qui faisait de la musique.

    Manu : Oui. Une espèce de drôle de bruit métallique.

    Luc : Avec des liens bleus sur des pages grises, c’était quand même très moche.

    Manu : On payait à la minute.

    Luc : Oui, puisqu’il fallait un abonnement et on se connectait par téléphone, on payait sa communication téléphonique.

    Manu : Oui. On passait par France Télécoms. À moins d’être un chanceux qui était à l’université et qui passait par les machines de l’université, donc on utilisait un réseau qui s’appelait Renater.

    Luc : Oui. Qui était le réseau universitaire.

    Manu : Tu en as profité !

    Luc : Très peu. C’était vraiment pour tester avant de m’abonner. L’article sur lequel on voulait revenir disait : « Ce n’était pas mieux avant ! » Tous les trucs qu’on reproche à Internet aujourd’hui.

    Manu : Et dieu sait qu’on reproche plein de choses à Internet.

    Luc : Toutes les semaines tu dis « dieu sait » ; tu es en train de faire une crise de mysticisme je pense ! Dans l’article, l’historienne qui se penche là-dessus dit qu’il y a plein de phénomènes qu’on décrit aujourd’hui qui existaient déjà avant, notamment le harcèlement, le revenge porn, elle dit que tous ces trucs-là se faisaient.

    Manu : Le spam. Les flame wars, les guerres enflammées, on va dire.

    Luc : Pour l’histoire, avant le Web – j’avais lu ça quelque part –, le premier spam rapporté c’était quelqu’un qui, sur Usenet, donc un protocole pour faire des discussions, avait fait un robot qui faisait du négationnisme sur le génocide arménien. Évidemment c’était tout en anglais, dès qu’il voyait le mot « Turquie », en anglais [Turkey], il envoyait un message automatique disant : « Non, non ! Il n’y a jamais eu de génocide arménien par les Turcs ».

    Manu : Sauf que le mot turkey est un mot polysémique.

    Luc : À Thanksgiving ça sort beaucoup parce que ça désigne aussi la dinde donc il y a des gens qui parlaient de la dinde qu’ils allaient bouffer et le message disait : « Non ! Il n’y a jamais eu de génocide arménien ». Ça fait partie du folklore

    Manu : Donc là, premier spam automatique. Je crois qu’il y a eu des spams manuels encore avant cela où des gars ont envoyé des mails à plein de gens qui n’étaient pas concernés par ces mails-là, en gros ils n’avaient pas sollicité ces mails-là et ils n’étaient pas contents.

    Luc : Tout à fait. En fait quand même, dans Internet au début, il n’y avait pas la prédominance du business et du pognon qu’on a aujourd’hui.

    Manu : Notamment parce que c’était des universitaires qui discutaient sur le Net.

    Luc : Oui. Même au début de l’Internet grand public. Je me souviens que j’avais un pote au début des années 2000 qui travaillait chez France Télécoms et tous les ans il nous disait : « Cette année le business sur Internet ça va vraiment démarrer ». Et tous les ans il disait : « En fait le Minitel continue à faire plus d’argent », donc il a fallu un petit moment. Effectivement, à l’époque on n’avait pas tous les enjeux publicitaires et avec tout ce pognon. Mais les gens restent les gens, donc il y avait des gens qui se foutaient sur la gueule, des extrémistes, il y avait tout ce qu’on voulait sur Internet et sur le Web.

    Manu : Je trouve que c’est ça qui est rigolo. Effectivement on a tendance à penser qu’aujourd’hui c’est pire que ça ne l’était avant et qu’avant on était plus civilisés, plus intelligents, plus respectueux des autres. Mais ce respect, non, il ne s’est pas perdu. Il n’y était pas vraiment dès le début. Les points Godwin7 ce n’est pas une invention récente. Je rajouterais qu’Internet a rencontré ces problèmes-là très tôt, a trouvé des solutions, des solutions techniques, par exemple les émoticônes. Les émoticônes ce sont des moyens d’éviter de rentrer tout de suite dans le lard de la personne avec laquelle on discute en indiquant par un petit clin d’œil, par un petit sourire, qu’on est en train de blaguer, qu’il faut bien le prendre, qu’on est gentil. Donc c’est un moyen d’essayer d’éviter ça, mais ça ne marche pas toujours.

    Luc : Eh oui. C’est une des faiblesses connues c’est que par écrit, surtout quand on écrit vite dans une conversation, il y a toute une série de subtilités dans ce qu’on pense, dans le ton qu’on veut donner, qui ne passent pas nécessairement parce qu’on ne prend pas le temps d’écrire vraiment bien.

    Manu : Il y a des évolutions qui font qu’on essaye, au contraire, de mieux gérer cela et je pense, j’ai l‘impression que les flame wars, les guerres enflammées qu’on avait dans les années 80 sur Usenet, par exemple, ont peut-être un peu diminué, mais c’est mon impression !

    Luc : Moi je ne pense pas. Pour moi la problématique est commerciale, non-commerciale. Il y a aussi la surveillance d’État qui est encore un sujet complètement à part entière. À partir du moment où on a des quantités énormes de pognon qui arrivent dans le truc, genre Facebook et les GAFAM en général, ça va orienter les choses. Je sais que dans les années 2000 il y a un truc qui m’avait marqué. Je m’intéressais à Star Trek, donc la série, j’avais regardé un certain nombre de choses, ça m’avait permis de progresser en anglais. À l’époque on trouvait plein de sites parce qu’il y avait plein de fans, c’est un truc de geeks, donc il y avait en anglais plein de sites qui parlaient de Star Trek, qui faisaient des encyclopédies sur Internet et tout ça très tôt. J’y étais retourné avec un pote quelques années après et en fait tous les sites avaient été flingués ou alors étaient ridicules.

    Manu : « Caviardisés » on pourrait dire.

    Luc : Voilà. Ils n’avaient quasi plus de pages et à chaque fois ce n’était que des liens vers le site officiel de Star Trek. À cette époque-là, en gros les juristes de Star Trek qui géraient la licence et les ayants droit avaient dit : « Pour toute navigation, n’importe qui doit arriver chez nous parce que c’est notre pognon et on ne veut pas laisser qui que ce soit créer quoi que ce soit sur notre bébé », enfin ce n’est même pas leur bébé ce n’est pas eux qui l’ont créé, « sur notre capital en quelque sorte, donc on doit transformer toute velléité à s’intéresser à Star Trek en une visite sur notre sur notre site avec l’espoir de vendre des trucs. »

    Manu : On pourrait rajouter que ce genre de bataille-là s’est fait sur les noms et que quelqu’un qui voulait avoir un nom de domaine qui ressemblait d’un peu trop près à un autre nom déjà officiel se faisait flinguer ; on se faisait virer.

    Luc : Tout à fait. Ils ont fait marche arrière sur Star Trek parce qu’ils ont compris qu’il fallait laisser les fans respirer, vivre leur truc, etc., pour que la licence et que leur poule aux œufs d’or continue à vivre. Ça reste aujourd’hui compliqué, il y a un projet qui s’appelle Axanar, on n’a pas le temps d’en parler, mais si ça vous intéresse allez voir ça : a, x, a, n, a, r et qui est pour moi très intéressant sur ce truc-là.
    C’est un de mes vieux souvenirs. Je me suis abonné à Internet en 97. Toi tu as commencé beaucoup plus tôt.

    Manu : Au début des années 90 à l’université à Glasglow, l’université de Strathclyde et effectivement on avait des connexions Internet toutes pourries, en ligne de commande, avec des consoles. Finalement c’est ce que je continue à faire sur mon ordinateur, si vous voyez un peu ce que j’ai à l’écran ce n’est rien d’autre, mais à l’époque c’était un petit peu plus rude, il fallait apprendre les commandes, on ne savait pas comment ça marchait, on ne comprenait pas les tenants et les aboutissants, mais ça permettait de faire des choses, de jouer à des jeux, on faisait des donjons et dragons en mode de texte par exemple et on pouvait discuter à l’étranger. Je me rappelle de co-étudiants qui discutaient avec des Chinoises, des Taïwanaises, en fait ils draguaient à distance ; c’était assez rigolo.

    Luc : Des potentielles ! Parce qu’en fait tu ne sais pas qui tu as en face.

    Manu : Oui, c’est la vieille expression On the Internet, nobody knows you're a dog, « Personne ne sait qu’on est un chien sur Internet » ; on peut discuter avec n’importe qui sur Internet, c’était le cas à l’époque, c’est encore le cas aujourd’hui.

    Luc : Est-ce que pour toi Internet c’était mieux avant ou pas ?

    Manu : Je pense que ça c’est une vieille expression que j’entendais déjà dans les années 90 ; j’avais des profs, des vieux barbus qui nous disaient : « Oui mais là, vous comprenez, avec tous les noobs qui arrivent, ils ne connaissent pas la nétiquette, ils ne savent pas comment se comporter, il faut tout leur apprendre, donc c’est le bordel ! » Et on nous disait ça dans les années 90. Aujourd’hui on arrive en 2020, bientôt tous les noobs qui sont sur Internet sont nombreux, bien plus nombreux, il n’y a rien qui change, les anciens, les vieux, se plaignent des jeunes qui ne connaissent pas et qui ne respectent pas leurs anciens. Il n’y a rien qui bouge.

    Luc : Moi je pense que, comme dans le monde physique, il faut savoir se trouver ses petits coins où on est bien, entre gens sympas, parce que eh bien oui, il y a plein de coins où on est pourri soit par des gens pénibles, soit par des grosses machines commerciales, donc Facebook qui a eu tout intérêt à laisser les trolls et les news pourries se déployer parce que ça faisait des clics et ça leur faisait gagner de l‘argent

    Manu : Ça les arrange, effectivement.

    Luc : Donc il faut se cultiver son petit environnement et travailler à le garder propre pour pouvoir avoir une vie numérique sympa entre gens de bonne compagnie.

    Manu : Je vous souhaite une bonne compagnie sur Internet et à la radio.

    Luc : Bonne semaine à tout le monde.

    Manu : À la semaine prochaine.

    Luc : Salut.

    Émission « Libre à vous ! » diffusée mardi 26 mars 2019 sur radio Cause Commune - Civic tech - Jouons collectif - Directive droit d'auteur

    mar, 03/26/2019 - 15:15

    Nous avons commencé par un point sur la proposition de directive droit d'auteur. Nous avons enchainé avec notre sujet principal qui portait sur les civic tech et le logiciel libre avec Caroline Corbal de Code for France et Emmanuel Raviart, développeur logiciel libre. Nous avons poursuivi par la chronique de Vincent Calame (« Jouons collectif »). Nous avons terminé par diverses annonces.

    (Ré)-écouter en ligne    --> Écouter le direct mardi 26 mars 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

    Podcasts des différents sujets abordés

    Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (le jour même ou le lendemain).

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    --> toc_collapse=0; Sommaire 
    1. Podcasts des différents sujets abordés
    2. Les ambitions de l'émission Libre à vous !
    3. Programme de l'émission du 26 mars 2019
    4. Personnes participantes
    5. Références pour la partie sur la proposition de directive sur le droit d'auteur
    6. Références pour la partie sur les civic tech et le logiciel libre
    7. Référence pour la partie annonces
    8. Pauses musicales

    Les ambitions de l'émission Libre à vous !

    La radio « Cause commune » a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h.

    N'hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). L'émission dispose d'un flux RSS compatible podcast.

    Programme de l'émission du 26 mars 2019

    La dix-huitième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 26 mars 2019 de 15 h 30 à 17 h.

    Au programme :

    • point sur la proposition de directive droit d'auteur
    • chronique « Jouons collectif » de Vincent Calame
    • les civic tech et le logiciel libre
    • diverses annonces.
    Personnes participantes

    Les personnes qui ont participé à l'émission :

    • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
    • Étienne Gonnu, chargé de missions affaires publiques à l'April
    • Caroline Corbal de Code for France
    • Emmanuel Raviart, développeur logiciel libre
    • Vincent Calame, bénévole à l'April
    Références pour la partie sur la proposition de directive sur le droit d'auteur Références pour la partie sur les civic tech et le logiciel libre Référence pour la partie annonces Pauses musicales

    Les références pour les pauses musicales :

    Décryptualité du 26 Mars 2019 - Khaganat, un vaste projet libre d'univers de jeu porté par une communauté

    mar, 03/26/2019 - 00:56

    Écouter ou télécharger le décryptualité du 25 mars 2019 (14 minutes)

      Khaganat est un projet de culture libre qui réunit une communauté autour d'un projet de mmorpg. Au-delà du code lui-même, c'est un univers tout entier, texte, illustration qui est créé collectivement par une communauté.
      Générique – La prose du pépère – Les Barons Freaks – Licence Art Libre (LAL)

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    Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (26 mars 2019) - Civic tech - Jouons collectif - Directive droit d'auteur

    lun, 03/25/2019 - 15:58
    Début: 26 Mars 2019 - 15:30Fin: 26 Mars 2019 - 17:00

    (Ré)-écouter en ligne --> Lire la transcription

    -->

    La dix-huitième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 26 mars 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Et l'émission sera rediffusée le soir même de 21 h à 22 h 30.

    Notre sujet principal portera sur les civic tech et le logiciel libre avec Caroline Corbal de Code for France et Emmanuel Raviart, développeur logiciel libre. Nous aurons également la chronique de Vincent Calame (« Jouons collectif »). Nous ferons un point sur la proposition de directive sur le droit d'auteur suite au vote prévu au Parlement européen le 26 mars à 12h.

    Écouter le direct mardi 26 mars 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

    Les ambitions de l'émission Libre à vous !

    La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

    Liens utiles Les archives de l'émission

    Écouter les émissions précédentes

    L'April présente aux Journées Du Logiciel Libre (JDLL) à Lyon

    lun, 03/25/2019 - 15:49
    Début: 6 Avril 2019 - 00:00Fin: 7 Avril 2019 - 00:00

    Les prochaines Journées Du Logiciel Libre de Lyon se tiendront les 6 et 7 avril 2019 autour du thème « « Ecologeek : pour une terre communautaire ».

    En plus de tenir un stand, l'April participera à deux conférences « Killing me(mes) softly ? Retour sur la directive controversée sur le droit d'auteur » samedi 6 avril à 11h et « Le logiciel libre : un enjeu politique et social. Discussion autour de l’action institutionnelle de l’April » samedi 6 avril à 15h.

    Plus d'information sur le wiki dédié.

    Nous avons besoin d'aide pour animer le stand ! Si vous avez des disponibilités, ne serait-ce que pour quelques heures, n'hésitez pas à vous inscrire sur le wiki.

    Revue de presse de l'April pour la semaine 12 de l'année 2019

    lun, 03/25/2019 - 14:39

    Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

    [Le Vent Se Lève] La bataille des lobbies européens autour de la Directive Copyright

    Le samedi 23 mars 2019.

    La Directive Copyright sort de sa phase de négociation et aborde sa dernière ligne droite. Etat des lieux des actions de lobbying autour du texte depuis son entrée en négociation dans l’Union européenne en septembre 2018.

    Et aussi: Voir aussi: [Le Temps] Hacker pour la science à Genève

    ✍ Florent Hiard, le vendredi 22 mars 2019.

    Le hackathon est à l’honneur à Genève. Jusqu’à dimanche, l’Open Geneva Festival met en avant ce marathon de l’innovation collaborative sur de nombreux sites de l’agglomération

    [les-infostrateges.com] Le CESE prône une politique de souveraineté européenne du numérique

    ✍ Fabrice Molinaro, le jeudi 21 mars 2019.

    La révolution numérique, par le biais des smartphones, des réseaux sociaux ou encore de l’internet des objets en pleine croissance, fait profondément évoluer nos pratiques, s’immisçant aussi bien dans la sphère publique que dans l’intimité des personnes.

    Voir aussi: [Forbes France] Bitcoin, Un Projet Communiste?

    ✍ Lionel Meneghin, le mercredi 20 mars 2019.

    Quoi de plus antagoniste a priori que les cryptomonnaies telles que le Bitcoin et le communisme? L’un évoque la finance et la spéculation, l’autre leur ennemi historique. Deux mondes étanches et antagonistes. En apparence seulement…

    [Usbek & Rica] La Darpa prépare un système de vote électronique impossible à hacker

    ✍ Sophie Kloetzli, le mercredi 20 mars 2019.

    L’agence de recherche de l’armée américaine veut mettre au point un système de vote électronique ultrasécurisé, notamment en vue de la présidentielle de 2020.

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